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Playlist
Datte: 12/11/2024, Catégories: fh, danser, fête, anniversai, amour, caresses, nopéné, mélo, portrait, Auteur: Amarcord, Source: Revebebe
Résumé des épisodes précédents : Le temps passe, les amis s'éloignent, les corps se retrouvent. On s’était donc perdus pour de bon, avec mes potes. Et puis on a fini par renouer le contact. On ne s’est pas réellement revus pile après dix ans. Ces retrouvailles, on ne les avait pas calculées. Les comptes trop ronds font rarement les vrais amis. Si cette soirée avait été longuement préméditée, je crois de toute façon que je ne serais pas venu. Et j’ai l’impression de ne pas avoir été le seul à redouter cette rencontre pourtant si émouvante, sept ou huit ans plus tard. Peut-être par superstition, par crainte d’être déçu, par pudeur, par refus de se réfugier dans une vaine nostalgie. Peut-être valait-il mieux se contenter des belles images d’alors ? Ne pas confronter nos premières désillusions, nos premières petites trahisons, nos entorses à ce que nous nous étions promis de ne jamais devenir. Mais j’ai fini par me botter le cul, quand j’ai reçu l’appel de Malick, qui avait par hasard croisé Anne, dont la sœur était récemment devenue collègue de Michel, qui lui-même avait vu Sammy passer à la télé, et je vous passe les détails rocambolesques de cette fragile cascade de coïncidences qui allait bientôt nous réunir. L’alignement de nos planètes était à ce point tentant que j’ai même proposé que ça se fasse chez moi, profitant de l’absence provisoire des voisins du bas pour pouvoir permettre à mes amis bientôt retrouvés de ne pas freiner leurs appétits festifs, sur mon ...
... plateau protégé des plaintes pour tapage nocturne. Ils étaient si joyeusement bruyants autrefois, mes potes, qu’on se prenait à espérer que le temps qui passe n’ait pas trop sagement bougé le curseur vers la maturité. Pour être honnête, mon hospitalité était intéressée. Presque désespérée. J’éprouvais un besoin vital de combler le vide. Que des présences amicales viennent un peu habiter le lieu où flottait sans cesse l’image de celle qui s’était enfuie trois mois plus tôt, sans crier gare, sans un reproche, à peine cet énigmatique bout de papier griffonné sur la table. Celle qui avait laissé sur place à peu près tout, à commencer par moi, sauf son chevalet et ses pinceaux, comme pour mieux marquer la rupture avec tout ce que nous avions vécu ou accumulé, soudain d’une valeur négligeable. Celle qui ne prenait pas même mes appels depuis lors. Trois mois de cohabitation avec un fantôme aussi omniprésent que Fiona était obstinément absente, trois mois à vivre en reclus, en presque confiné solitaire, de peur d’avoir accidentellement des nouvelles d’elle, de la vie qu’elle menait désormais sans moi, incapable de supporter l’idée que sa grâce un peu sauvage dansait dans cette même ville, ne me laissant que des échos indirects de son passage sur mon territoire urbain. Juste ça, à peine ces maigres témoignages un peu rassurants la concernant, et le souvenir de son corps si miraculeusement accordé au mien sur la pellicule voilée de ma mémoire. Si peu d’indices et tant de soupçons : ...