1. 0308 C’est là que l’imprévisible se produit.


    Datte: 26/10/2024, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds

    ... mois qui arrivent. Au fond de moi, j’ai envie de te dire de t’accrocher, de ne pas lâcher l’affaire. Mais d’un autre côté, j’ai envie de te dire de te protéger, parce que tu risques d’en baver. Je n’aurais jamais imaginé dire ça un jour, mais je pense que le mieux pour toi dans l’immédiat cet serait de vivre ta vie sans Jérém, quitte à le retrouver plus tard, lorsqu’il aura vaincu ses démons.
    
    — Je croyais que la meilleure façon d’aimer quelqu’un, c’était de l’aider à révéler la meilleure facette de lui-même…
    
    — C’est une belle définition de l’amour en effet. Mais elle a ses limites lorsque la personne aimée refuse obstinément de se laisser apprivoiser. C’est une chose de faire des efforts pour comprendre l’autre, et je reconnais que tu en as faits beaucoup. Mais le mutisme de Jérém, son renfermement sur soi, son arc-boutement sur son amour-propre, son refus obstiné de partager ses doutes et angoisses avec toi, de te laisser le soutenir, tout ça rend aujourd’hui votre relation impossible. On peut "éventuellement" comprendre les raisons qui le font agir ainsi. Mais tu ne peux pas accepter ce genre de relation. Il est très difficile d’aimer quelqu’un qui ne s’aime pas lui-même. »
    
    Je soupire, je souffle, pendant que la peur de le perdre me prend à la gorge.
    
    « Alors, entre le conseil de t’accrocher et celui de prendre du recul et de la distance, je ne peux vraiment pas trancher, elle enchaîne.
    
    — Si je décide de prendre de la distance, comment savoir que ça ne va ...
    ... pas nous éloigner à tout jamais ?
    
    — Tu ne peux pas le savoir. Mais je pense qu’au fond de toi, tu sais ce qui est bon pour toi, suivant ta solidité émotionnelle et ta réserve de patience déjà rudement mise à contribution… »
    
    Charlène a raison, ma patience a été rudement mise à contribution. Trois mois déjà, trois mois sans coucher avec Jérém, sans tendresse, sans complicité. Jamais depuis notre première révision nous sommes restés si longtemps sans faire l’amour.
    
    Un peu après la mi-juillet, je crois qu’entre les deux solutions proposées par Charlène, j’ai enfin fait mon choix. Un vendredi soir, je décide de me secouer de ma morosité. Je me douche, je me sape. Je sors au B-Machine. Je cherche à m’amuser, à faire la fête, à danser, je cherche la compagnie de ceux qui me ressemblent et avec qui je me sens bien. Je cherche le contact avec le Masculin.
    
    Le lendemain, je sors à nouveau, au On Off. Je fais exprès d’arriver côté Canal pour ne pas trop approcher la rue de la Colombette. Je ne veux pas être assailli par les souvenirs, je ne veux pas affronter mes démons. Je ne veux pas arriver en boîte les larmes aux yeux. Jusqu’à tard dans la nuit, je mate des mecs, je goûte au frisson provoqué par l’exposition à la beauté masculine.
    
    A partir de ce moment, je sors pratiquement chaque soir dans le milieu. Je bois, je mate. Parfois, plus rarement, je me fais mater. Un soir, il m’arrive de concrétiser. Mais une fois le frisson de me sentir désiré envolé, une fois l’excitation ...