1. Le remplaçant


    Datte: 19/10/2024, Catégories: nonéro, historique, policier, historiqu, Auteur: Brodsky, Source: Revebebe

    ... effectivement vide.
    
    De la même façon, le coffre serait à nouveau contrôlé au moment du retour, afin d’empêcher toute sortie du territoire à un quelconque ressortissant ayant besoin d’être exfiltré.
    
    Ce que ni Müller ni son adjoint ne pouvaient deviner, c’est que le lieutenant Brion attendait bien au chaud dans une cache, située sous la banquette arrière, que seule une fouille minutieuse aurait permis de découvrir.
    
    Il sortit précautionneusement de sa boîte, en prenant bien soin d’étendre longuement ses jambes ankylosées par l’attente interminable qu’il venait de subir.
    
    Il scruta attentivement la rue, laquelle était bien déserte comme il était prévu ; il regarda sa montre : 21 h 20. Le contact devait avoir lieu dans moins d’une heure, et la Roederstrasse n’était qu’à quelques minutes à pieds.
    
    Même en l’absence de couvre-feu, et même avec des faux papiers plus vrais que nature, mieux valait éviter de trop traîner dans les rues et de risquer de croiser la police ou une voiture de la Stasi.
    
    Il sortit cependant, et décida de griller une cigarette avant de se mettre en marche. Pourtant rompu à ce genre de mission comme il l’était depuis plus de cinq ans, il ressentait toujours comme une sorte d’angoisse lancinante juste avant de passer à l’action. Mourir ne l’effrayait pas. Il savait pourquoi il avait choisi ce métier et croyait profondément en la grandeur de sa tâche. Mais être capturé, interrogé, torturé peut-être(sans doute), l’inquiétait beaucoup ...
    ... plus.
    
    Certes, il avait appris à résister aux interrogatoires les plus rudes, et la douleur ne lui faisait pas peur. Mais il savait – on le lui avait démontré bien des fois – que l’on finissait toujours par craquer. La fatigue, la faim, la soif, le manque de sommeil… finissaient toujours par avoir raison de celui qu’on interrogeait.
    
    Ordinairement, le contrat en cas de capture était de tenir 24 heures. Passé ce délai, on avait eu le temps de s’organiser, de fermer les planques, de prévenir les camarades… Mais il avait entendu des histoires où des soldats expérimentés avaient mis moins de trois heures avant de tout balancer aux Russes. La Stasi ne lui faisait pas peur, mais il ne voulait surtout pas tomber entre les mains du KGB.
    
    Il jeta son mégot et se mit en route. Il était 21 h 30.
    
    *
    
    Pascal Montaigne et Claire Minier arrivèrent pile à l’heure dans la berline de leurs accompagnateurs. Une arrivée rocambolesque qui ne manqua pas d’être remarquée, d’autant plus que si Montaigne et les deux hommes se serrèrent chaleureusement la main, Claire fut d’une audace qui laissa tout le monde pantois :
    
    — En France, on se fait la bise ! Merci, Messieurs, j’ignore ce que nous serions devenus sans vous !
    
    Complètement éberlué, l’attaché de l’Ambassade américaine vint à leur rencontre, accompagné de Viktor Katz, le directeur de la salle de concert.
    
    — Eh bien ! salua l’américain. Voilà une entrée remarquée !
    — Je crois que si nous voulons mettre fin à la guerre froide, il est temps que ...
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