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Le remplaçant
Datte: 19/10/2024, Catégories: nonéro, historique, policier, historiqu, Auteur: Brodsky, Source: Revebebe
... dans le genre « vous pouvez épater la galerie tant que vous voulez, mais à moi, on ne me la fait pas, je vous ai à l’œil », et puis l’exhortation hypocrite et habituelle sur la fraternité nécessaire à tout les peuples, en marche vers un monde meilleur, groupons-nous et demain l’internationale sera… et blablabla… — Tu as surveillé l’heure ? — Oui, je crois qu’il est temps de partir. Allons retrouver nos chauffeurs. Ils sortirent du bâtiment et cherchèrent du regard les deux policiers qui les avaient accompagnés. Ils avaient disparu. — Merde ! s’exclama Montaigne. On va devoir appeler un taxi. Deux armoires à glace s’approchèrent d’eux : — Vous êtes Monsieur Montaigne, et vous Madame Minier ? demanda le plus grand. — Heu oui… — Ceux qui vous ont accompagnés ont dû partir de toute urgence. Mais le Camarade Andropov insiste pour que nous vous ramenions à votre voiture à bord de la sienne. Claire Minier devint soudain livide. * Il n’était pas question de refuser. Le trajet s’effectua dans un long silence oppressant. Claire était à l’évidence terrorisée. Afin de la rassurer, Montaigne lui fit signe qu’on ne lui avait pas confisqué son P38. Mais à quoi pourrait bien servir un P38 s’ils avaient été découverts et que l’on décidait de les mettre au secret quelque part ? Ils arrivaient cependant devant leur voiture. Les deux gorilles ne demandèrent pas à ce qu’on ouvre le coffre devant eux. Au contraire, ils attendirent que Montaigne démarre la voiture afin ...
... d’être certains que tout était en ordre, puis les laissèrent en leur disant poliment au revoir. Montaigne et Claire se regardèrent avec angoisse. — Tu crois qu’ils ont posé des micros dans la voiture ? — Je n’en sais rien, Claire. Ils regardèrent vers le siège arrière. Brion ne se manifestait pas. Était-il avec eux ? Avait-il mené à bien sa mission ? Ils ne sauraient rien avant d’être rentrés. Il était 23 h 15. Un quart d’heure après, ils passèrent le Checkpoint, là encore sans encombre. Claire Minier en venait à penser que finalement, ce genre de mission était plus simple qu’il n’y paraissait. Restait cependant l’interrogation qui la taraudait. Brion était-il avec eux ? Ils ne tardèrent pas à s’arrêter. Aucun bruit ne venait de dessous la banquette arrière. Ils ouvrirent la cache. Brion n’était pas là. * Le camarade Ioury Andropov essuya ses lunettes de myope avec soin, comme il le faisait à chaque fois qu’il devait prendre la parole pour une affaire importante. Puis il décrocha son téléphone et demanda qu’on lui passe le camarade Brejnev sur une ligne sécurisée. Il dut attendre quelques minutes avant d’entendre enfin la voix bien connue du secrétaire Général : — Brejnev, j’écoute ! — Bonsoir, Léonid, je tenais à vous informer que l’opération « Triste Printemps » était un succès total. — Je n’en doutais pas, Ioury. Un succès de quelle envergure ? — Énorme… Nous avons coincé le contact des Français. Il se faisait appeler Nana, et travaillait comme « ...