1. Des conséquences d'une chaude pisse


    Datte: 23/08/2024, Catégories: fh, bizarre, amour, cérébral, amouroman, Auteur: Arpenteur, Source: Revebebe

    ... d’espacer mes visites.
    
    Les mois passèrent, son état ne s’améliorait pas. Et quand je venais, c’était elle qui ne voulait plus me voir…
    
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    Je vivais seul mais n’avais nulle envie de remplacer ma chérie par quelqu’un d’autre. Mais elle était partie si loin dans les limbes de son esprit torturé, et j’avais si peu d’espoir de la revoir…
    
    C’est à cette époque que je suis devenu un aficionado des sites de rencontres, ainsi que je l’évoquais au début de cette confession. J’avais besoin de me rassurer, de me prouver que je n’étais pas si nul que ça en matière sexuelle. J’avoue que mes premières conquêtes apaisèrent mes craintes sur ce plan-là. Je n’aimais pas ces femmes, en tout cas pas vraiment, et de toute façon beaucoup moins qu’Anick, pourtant je prenais du plaisir avec elles et leur en donnais tout autant. Je voulais tellement bien faire que certaines d’entre elles me trouvèrent même « exceptionnel » et s’accrochèrent à moi.
    
    Qu’avais-je loupé avec Anick ? Était-ce à cause de cette chaude pisse ? De ses délires sexuels ? De ses menaces à peine voilées ? Ou simplement parce que je l’aimais trop, et qu’amour et sexe sont très souvent incompatibles ?
    
    Quelques années après son internement, j’étais gare Montparnasse avec des collègues, de retour de déplacement chez un client. Nous buvions un verre en terrasse en attendant notre train. Qui ...
    ... je vois passer à quelques mètres de nous ? Je l’aurais reconnue entre mille. Je me suis levé d’un bond et lui ai emboîté le pas. Mes amis en sont restés comme deux ronds de frite. Je l’ai rejointe en bas des escalators et l’ai agrippée par la manche. Elle s’est retournée, a laissé chuter sa valise et nous nous sommes embrassés comme si nous étions seuls au monde. Je l’ai serrée contre moi, les gens passaient autour de nous, instant magique !
    
    — Qu’est-ce que tu deviens ?
    
    Angoissante question. Elle travaillait désormais sur Chartres. Pourquoi Chartres ? Elle n’en savait trop rien. Elle me remercia pour ses affaires que j’avais ramenées chez sa mère. Depuis quand était-elle sortie ? Pourquoi ne pas m’avoir recontacté ? Tant de questions, tant de choses à dire, nous avons squatté un bistrot pour le restant de la journée et, bien sûr, raté nos trains respectifs.
    
    — Tu veux qu’on prenne une chambre d’hôtel ?
    
    Elle me regarda avec de grands yeux plein d’amour :
    
    — Oui, mais on fera comme avant, on restera en petite culotte. C’est une si merveilleuse journée pour moi que je ne voudrais pas la gâcher.
    
    Et c’est bien ce qui se passa, une longue nuit de tendresse mais pas de sexe.
    
    Nous ne vivons plus ensemble mais nous nous revoyons de temps en temps.
    
    Et je dois dire que, même si aujourd’hui je vis avec une autre femme, il me semble que je l’aime toujours. 
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