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0312 Campan, là où tout s’apaise.
Datte: 18/08/2024, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds
... c’est un gars, je finis par admettre. Mais ce n’est rien de sérieux. Du moins, pour moi. On s’est vu deux ou trois fois, et il s’est entiché de moi. Et comme j’ai fait la bêtise de lui filer mon numéro de portable, il continue de m’appeler. Je lui ai dit d’arrêter, mais il continue. Il faut que je regarde dans mon téléphone si je peux le bloquer… »Jérém n’a pas l’air convaincu. La tristesse que je lis dans mon regard me fait un mal de chien. « Je te dis que ce n’est personne. S’il comptait un tant soit peu pour moi, je ne serais pas venu te rejoindre à Campan. Tu es le seul qui compte pour moi, le seul. Ne nous quittons plus, Jérém. Ne me laisse plus des mois sans de tes nouvelles. Je t’aime comme un fou, Jérémie Tommasi ! »Jérém semble enfin se décrisper. Je le prends dans mes bras et je l’embrasse. « On se reverra vite, je lui glisse. — Oui, on se reverra vite » il répète, tout en enfonçant sa main dans mes cheveux. Puis, il m’embrasse avec une précipitation dans laquelle je ressens son amour, mais aussi son inquiétude. Je le regarde traverser la petite place devant la gare et disparaître dans le grand hall. Et j’ai envie de pleurer. Seul dans ma voiture, je suis triste, infiniment triste. Je m’en veux de mentir à Ruben, et plus encore de mentir à Jérém, si touchant, si adorable, si amoureux. Je suis heureux de passer voir Maman, comme un sas de décompression entre le bonheur de ce week-end et les moments délicats qui m’attendent dès mon retour à Bordeaux. ...
... Dans ma chambre, j’en profite pour écouter enfin le message de Ruben. Je trouve d’abord un sms, au ton laconique et inquiétant. « Tu ne donnes pas de nouvelles.»Puis le message vocal qu’il m’a laissé lors du dernier coup de fils au péage de Muret. « Salut. Je n’ai pas de nouvelles depuis l’autre soir et je ne sais pas quoi penser. Tu m’avais dit que tu m’appellerais quand tu serais à Toulouse, mais tu n’as donné aucun signe de vie. J’ai essayé de t’appeler plein de fois, mais tu ne réponds pas. Tu dois être occupé. Tu me manques, Chaton ». Le petit Poitevin semble inquiet, et à plus d’un titre. Pour moi, mais aussi pour « nous ». Je sens au ton de sa voix qu’il a besoin d’être rassuré, de savoir que je vais bien. Mais aussi qu’il peut me faire confiance. Et si je peux facilement le rassurer sur le premier point, je sais qu’il me sera bien plus difficile de le faire sur le second. Je sais que je ne peux plus me dérober à un coup de fil, mais j’ai peur de me lancer. Je prends une grande inspiration et je le rappelle. J’essaie de renouer en lui expliquant mes problèmes de communication, tout en lui répétant à quel point il m’a manqué. Je le sens suspicieux. J’essaie de sonder son état d’esprit en essayant de le faire rire. Je le sens distant, sur la réserve. Je tente de le rassurer, mais je sens que je n’y arrive pas. « On se voit demain soir ? je lui propose. — Je ne sais pas, on verra. » Je sens que ce n’est pas gagné, pas du tout. Je me sens comme un ...