-
Je l’ai regardée se dévergonder
Datte: 24/06/2024, Catégories: Dans la zone rouge, Auteur: Tamalou, Source: Hds
... bouteille, Bérengère voulait en savoir plus : « Tu la baises ? Et ta femme, Gaëlle, elle le sait ? » Elle était vraiment ivre. Patrick a réussi à éluder la question, jusqu'à ce qu'elle oublie qu'elle l'avait posée. Nous étions tous tellement fatigués que nous n'avons fumé que la moitié du joint. J'ai mis le mégot dans le cendrier pour le finir plus tard. En continuant de boire, je devais retourner uriner. J'étais celui qui n'avait pas eu besoin en quittant l'hôtel. Maintenant, ça m'avait rattrapé. Il faisait si sombre, là où nous nous étions garés, que j'ai dû allumer les phares pour éclairer la chaussée. Dehors, j'ai réalisé que j'étais bourré, et que mon pas était hésitant. En m'éloignant de la voiture, mes craintes m’ont repris. Je me demandais ce qu'ils faisaient tous les deux, seuls dans la voiture. Il était assez tombeur pour profiter de l’aubaine. Et elle ? Qui pouvait le dire ? Tout ce que j’avais raconté à Patrick défilait dans mon esprit, de nos jeux sur la banquette arrière. Même une fois mariés, avec un lit à la maison. Souvent, après une soirée bien arrosée, nous cédions à nos pulsions. Agissant comme des gamins, je garais la voiture dans un coin discret. L’excitation d’être surpris, d’être à l’étroit, pas confortable, s'embrasser, se toucher, se caresser et s’aimer, quel délice ! J'avais raconté beaucoup trop de choses à Patrick, et je me demandais s'il pensait à toutes mes anecdotes, maintenant qu’il était assis seul à côté d’elle, sur la ...
... banquette arrière, dans l’obscurité. Il avait la clé pour ouvrir sa porte secrète, et c’est moi qui lui avait forgée. Avec toutes ces pensées moroses, j'aurais dû me presser de rentrer, mais j'ai pris mon temps. J'ai marché plus loin que le faisceaux des phares, derrière un buisson. Je tremblais, de peur, de prémonition, de vertige ? Je suis revenu vers la voiture, toujours aussi lentement. Ils pourront me voir venir, pensais-je. Suffisamment de temps pour se redresser, s'écarter et prendre un air innocent et convenable. Je les imaginais, me regardant partir, puis bondir dans les bras l'un de l'autre pour un bref instant de passion. Cette pensée me fit frissonner. Ses humiliations et ses menaces m'avaient encouragé à penser à elle dans les bras d'autres hommes, mais c’était avec des silhouettes, des inconnus avec lesquels elle avait flirté ou dansé. Patrick, lui, était bien réel. Je le connaissais. Trop bien. Et cela ne m'a pas réconforté, car je connaissais ses travers. Alors, qu'est-ce que je foutais ? Pourquoi les laisser seuls, dans ces circonstances favorables ? Ce n'était pas de la confiance, parce que j’avais l'estomac qui se retournait. C’était nouveau pour moi. Pas un fantasme sordide, non, plutôt un besoin. Ma femme sur la banquette arrière, avec un autre. Frisson. Je devais avoir une mine de papier mâché en retournant dans la voiture, parce que Patrick m’ a demandé : « Michel, tu as l'air préoccupé. Tu te sens bien ? » « Je sais pas trop, mec » répondis-je. ...