1. Enquête bretonne 3


    Datte: 20/06/2024, Catégories: fh, médical, amour, policier, Auteur: Volovent, Source: Revebebe

    ... tables. Depuis mon entrée, ils se sont mis à chuchoter. A priori, je dérange. Et Patricia n’est pas là pour me sauver la mise. Je fais signe au patron de remettre une tournée. Ça rassure les deux tables qui se mettent à parler un peu plus fort. Je chope le patron au passage en lui parlant du milieu« interlope » rennais. Ouest-France a sorti un autre article de blabla ce matin.
    
    — Ils n’ont pas sévi chez vous ces barbares ? On dit qu’ils ont fait la côte.
    — Je ne sais pas. On a bien vu les gendarmes hier, mais je ne sais pas si c’est pour eux.
    — Moi, je les collerais au poteau, ces gars-là, et paf, une balle.
    — Une balle et t’en dégommes trois. T’es fort, toi. Tu serais pas américain par hasard ?
    
    Et voilà, c’était parti. Un bon sujet d’actualité, bien chaud, en plus un peu graveleux, et ils en ont pour une bonne heure.
    
    — N’empêche, Louis les a vus dans la venelle, les busards.
    — Qui c’est qui crèche là-bas ?
    — Le pape, idiot.
    — Et en dehors de lui, qui d’autre ?
    — Des jeunes, probablement. C’est quand même pas pour Marcel et sa femme !
    
    Un gros rire secoue la salle. Ce doit être une vedette, le gars Marcel. Allons, j’ai trouvé le problème de Le Guellec. Il ne voulait pas que je vienne là. Donc il y a un rapport possible entre les sauvages et Anthony. On va trotter jusqu’à la venelle en question.
    
    Personne. La venelle est déserte. Je fais le gars qui flâne nonchalamment. Un touriste. Ça fait louche mon truc, pas naturel. On ne se promène pas dans cette ...
    ... venelle par hasard. La vieille à la coiffe, en train de tricoter derrière son carreau, fait bien semblant de ne pas me voir. Je continue mon chemin, en faisant aussi semblant de ne pas l’avoir remarquée. L’ambiance est bizarre. Peu avant le bout de la venelle, je note des scellés sur une porte. Bien, pas la peine d’insister, Le Guellec m’a doublé. Plus rien à faire ici.
    
    Gare de Lorient. J’ai réussi à prendre le bus retour et j’ai un train(« Rapide » cette fois) pour Rennes. J’y serai à 19 h 30. Patricia va être contente. Arrivé à Rennes, je lui téléphone. On ne débarque pas par surprise chez une femme. J’ai vu des couples se briser pour bien moins que ça.
    
    — Jean, ça va ?
    — Pas très bien, je cherche où je pourrais dormir cette nuit et rien.
    — Où es-tu ?
    — A Rennes, à la gare.
    — Jean ! Idiot-bête ! Viens viiiite.
    
    J’étais fatigué, j’avais faim, mais j’ai dû y passer. Ah là là, que c’est dur la condition d’homme de nos jours. Enfin, après quelques longues minutes d’embrassades, quelques dizaines d’heures de minutes de gymnastique obligatoire, j’ai enfin pu me restaurer.
    
    Je suis vraiment raide dingue de cette fille. J’en arrive même à aimer sa tambouille épouvantable, parce que sur ce plan aussi elle est prem’s. Je ne connais personne d’aussi doué pour massacrer un simple plat de pâtes comme elle. Championne du monde. Par contre, je ne connais aucune autre fille capable de vous servir un plat de pâtes complètement nue avec un tel naturel, un tel charme et une telle ...
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