1. Enquête bretonne 3


    Datte: 20/06/2024, Catégories: fh, médical, amour, policier, Auteur: Volovent, Source: Revebebe

    ... derrière la Mairie. Je savais pas qu’ils allaient par là-bas.
    — Ils… ?
    — Ben il est souvent avec un copain, pis ya des filles, mais là ça change.
    — À quelle heure, le bus du soir ?
    — Vers 5 h. Je sais pas, ça fait longtemps.
    — Merci pour tout, vous avez bien mérité un petit billet supplémentaire. Mais chut ! Vous n’avez rien vu et moi je n’ai rien entendu.
    — Merci, m’sieur, vous êtes bien brave.
    
    On s’approche, tout doucement, mais on s’approche. Maintenant, téléphoner à Pat’.
    
    — Le docteur Patricia L. s’il vous plaît.
    — C’est à quel sujet ?
    — Personnel.
    — Les communications personnelles sont interdites à l’hôpital, monsieur.
    — Ah, bon, mais c’est un problème médical, madame, nous suivons le même patient. Je suis le docteur Jean, de l’Hôtel-Dieu à Paris.
    — Ne quittez pas.
    — Jean ? Ça va ?
    — Oui oui. Je suis à Lorient, j’ai vu l’appartement d’Anthony. Il n’est pas là, mais j’ai pu entrer quand même. J’ai une piste sur Ethel, des photos. J’y vais ce soir, mais je ne pourrai pas rentrer après. Désolé. Plus de bus.
    — Oh, Jean, ce n’est pas possible. Je vais te chercher.
    — Pas question ! 150 km avec ta poubelle, je te l’interdis.
    — Méchant, tu ne veux plus de moi !
    — Patou chérie ! Écoute, je prendrai un taxi pour Lorient et ensuite je trouverai bien un train de nuit pour Rennes.
    — Qu’est-ce que tu as dit ?
    — Que je prendrai un train de nuit.
    — Non, avant.
    — Un taxi ?
    — Non avant.
    — Patou chérie, je prendrai…
    — Ouiii, répète !
    — Patou chérie…
    — ...
    ... Encore !
    — Mon trésor adoré, mon canard en sucre, ma perle des îles…
    — Méchant, tu te moques de moi. Je te hais.
    — Bon, sérieux, je dois aller à Ethel, c’est à 25 km. Après, je ne sais pas. Je ferai ce que je peux.
    — Viens viiite. J’ai envie d’être avec toi.
    
    Et moi donc ! Je file à la gare routière, on ne sait jamais. Chance, un bus part à 13 h 30 et il ne met qu’une heure. Je demande si, pour aller aussi vite, c’est en Citroën SM et je m’attire un regard noir du guichetier. Pas trop d’humour les Bretons. Allez, sandwich vite fait, de type Bérurier, parfait, ça creuse le bord de mer. C’est vrai que les marins ne rigolent pas sur la nourriture. Vous connaissez le repas du marin breton ? En semaine, 12 sardines et 1 litre de rouge, et le dimanche, 1 sardine et 12 litres de rouge. Celle-là je ne suis pas pressé de la placer, des fois qu’ils le prennent mal.
    
    Ethel. C’est vrai que c’est mignon. Nous sommes passés sur le pont de la rivière et le bus s’est arrêté devant la Mairie. J’ai subtilisé, à l’insu de la gardienne, trois photos significatives, dont une prise« derrière la Mairie », a-t-elle dit. On va commencer par là. Première étape : humer l’air du pays. Je rentre donc au Bar de la Mairie. Pas beaucoup de monde. Je commande un café. Le patron m’amène le café avec un verre de rhum blanc. Je fais le gars pas étonné et remercie. Il ne faut pas laisser se perdre les traditions. Beau pays, quand même.
    
    Je reste un moment à lire le journal. Des habitués occupent deux autres ...
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