1. Enquête bretonne 3


    Datte: 20/06/2024, Catégories: fh, médical, amour, policier, Auteur: Volovent, Source: Revebebe

    ... faire 150 km, quand même, je n’ai pas dû prendre le bon train. C’est de leur faute aussi, ils n’avaient pas traduit en français !
    
    Port de pêche de Keroman. C’est mon point de repère. L’adresse est assez proche, c’est ce qu’avait dit le père Lecomte. C’est une petite rue triste qui ne doit jamais voir le soleil. Des flaques d’eau stagnent le long des trottoirs. Ça sent bon l’iode et le poisson. On entend des cris de mareyeurs au loin. Le 25, c’est là. Juste à côté, une boulangerie, une« vraie », uniquement boulange. C’est rare ici. Une gardienne, ça va.
    
    — Bonjour, madame, Anthony P. c’est à quel étage ?
    — Il n’est pas là. Il est parti avant-hier. Vous êtes de ses amis ?
    — Pas vraiment.
    — Alors pourquoi que vous le cherchez ?
    — Les affaires, chère madame, les affaires.
    — Ah, c’est vous qui devez lui amener de l’argent ? Eh bien, pas la peine d’aller plus loin. Il a deux mois de loyer de retard.
    — Vous verrez ça avec lui. Je n’apporte jamais d’argent. Où puis-je le joindre ?
    
    Je commence à prendre un regard froid et dur.
    
    — Ben… c’est que j’sais pas, moi.
    — Je peux vous aider à retrouver la mémoire. Je connais d’excellents moyens pour ça.
    — Ses parents et sa sœur habitent Arzal. Il va là-bas quand il est à sec. Mais c’est pas obligatoire.
    — L’adresse, je vous prie. Merci. Jusqu’à quand gardez-vous le courrier ? Jeudi ? Bien. Il nous reste à faire un tour chez lui. Vous avez les clefs, je suppose.
    — Ah, mais ça je peux pas, c’est interdit. Je joue ma place, ...
    ... moi.
    — Et avec un petit billet ? Vous lui direz que vous avez fait visiter à un gars qui paye son loyer tous les mois.
    — Bon, ben ça va alors, mais vous touchez à rien, vous regardez, c’est tout.
    
    Un petit 2-pièces-cuisine sombre, comme la rue. Meublé chez Emmaüs ou un truc dans le genre. Le dépotoir comprenait une table, envahie de journaux et de magazines« de charme » comme on dit. La cuisine était à peu près vide, mais on remarquait quand même une batterie de casseroles presque neuves. Tombées du camion de la quincaillerie Lecomte ? Quant à la chambre… un matelas par terre et une commode. C’est tout. Un mur tapissé de photos et cartes postales a attiré tout de suite mon attention. À côté de cartes postales de différents pays du monde, se glissent des photos d’Anthony, de jeunes femmes et du fils Lecomte près d’une côte.
    
    — Savez-vous où ces photos ont été prises ?
    — Sûr, j’y emmenais les gosses en vacances autrefois, c’était désert, enfin pas de touriste quoi, c’est la rivière d’Ethel.
    — C’est loin ?
    — Oh non, le bus vous y emmène en 1 h et demie. Ya pas plus de 25 km. Vous en avez un le matin et un le soir. C’est bien Ethel, on y allait des fois le dimanche. Les mômes pouvaient se baigner, mais faut faire attention aux courants et à la marée. On louait dans une impasse, j’ai jamais pu retenir le nom, trop compliqué. Là c’est la plage près de l’océan. Kermi on disait. Et là c’est à côté du Môle, on peut prendre le bateau pour traverser la rivière. Ah, là c’est ...
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