1. Enquête bretonne 3


    Datte: 20/06/2024, Catégories: fh, médical, amour, policier, Auteur: Volovent, Source: Revebebe

    ... donne l’ordre de bloquer les entrées. Personne ne me connaît, je suis tranquille. Patricia attend dans l’arrière-boutique.
    
    17 h. Tant pis pour les retardataires, de toute façon ils ne peuvent plus entrer. Je vais chercher Pat’. Elle fait une arrivée royale, flashs, applaudissements, murmures élogieux… Je commence, et pendant vingt minutes nous nous relayons pour expliquer les faits principaux. Gros succès, photos sous tous les angles (surtout de Patricia bien sûr). L’un des photographes lui demande d’enlever son pull pour une nouvelle séance. Il se fait rembarrer vite fait par Jules, faut pas embêter sa petite protégée, qui déclare, péremptoire :
    
    — Te fatigue pas, elle aime pas les p’tites bites !
    
    Jules et Marie sont harcelés. On leur demande dix fois de raconter leur histoire. Jules, bien imbibé, parle maintenant des choses qui entraînent les choses… Le téléphone est pris d’assaut par les reporters qui veulent dicter leur papier. Les photographes démarrent en trombe pour aller développer leurs clichés à Rennes avant le bouclage. Un semblant de calme revient vers 19 h, lorsque tous les journaleux ont déserté la place. Tous, non, il en reste encore deux ou trois, un peu plus malins, qui souhaitent obtenir l’interview exclusive, le scoop du siècle, le détail qui tue(si possible grivois le détail). Le café de Marie a connu son jour de gloire, elle va faire de bonnes affaires pendant quelques mois.
    
    Nous sommes épuisés. Je serre la main de Jules, fais la bise à Marie ...
    ... et nous fuyons rapidement(enfin, en 4 L). Deux journalistes accompagnés de deux photographes se sont entassés dans une R16 et nous prennent en chasse. La galère. Je ne sais plus quoi faire. C’est Patricia qui prend les choses en main. Elle se lance dans un chemin creux qu’elle connaît vaguement, au risque de faire exploser son épave. Miracle, surchargée et trop basse, la voiture des journalistes se plante dans une ornière et nous pouvons enfin nous échapper. Pas question de rentrer chez elle, nous filons« Chez Jacques » qui nous sort un magnifique plateau de fruits de mer et accepte de nous louer une chambre(« Mais c’est bien parce que Marie… »). J’ai planqué la 4 L dans une petite cour invisible de la route. Enfin un peu de détente. C’est-à-dire gros dodo tout de suite.
    
    *
    
    * *
    
    Jeudi. Le journal est dithyrambique. Les« héros », avec photos en première page, racontent leur histoire.« Plusieurs dizaines d’agressions résolues grâce à eux », sans oublier la Gendarmerie et l’adjudant Le Guellec, que nous avions encensés pendant la conférence, bien entendu, ainsi que le café de Marie. Mais la grande vedette, c’est elle. Bretonne, médecin à Pontchaillou, mignonne, elle fait la une de tous les journaux locaux. Je la charrie grave.
    
    — Une vedette ne peut se commettre avec n’importe qui.
    — Désolé d’être à côté de toi, je gâche la photo.
    — Ne t’inquiète pas, je m’en vais le plus rapidement possible…
    
    Au début, elle l’a bien pris, mais au bout d’un moment, elle a craqué. Des ...