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Aknor
Datte: 04/05/2024, Catégories: fh, amour, pénétratio, historique, aventure, sf, rencontre, Auteur: Roy Suffer, Source: Revebebe
... au nombre de leurs valets, mais ne dédaignent pas quelques-uns de nos produits, noix, châtaignes, cochons et gibiers. Ils boivent fort et rient gras, les mains lestes sur les croupes des cuisinières qui les servent. Blanche, ma « sœur », semble mal à l’aise et nous quitte très vite. Puis les valets sortent des paillasses des charrettes, et la grande salle se transforme en un grand dortoir ronflant. Je ne trouve pas Blanche dans sa chambre, mais dans la chapelle où elle prie à la lueur de quelques chandelles pas encore terminées. — Venez nous reposer, ma sœur, ils sont tous endormis plus ou moins ivres. — Pardonnez-moi, Hugon, mais ces soudards me font peur. Je ne suis pas habituée à telle foule. Je vais même vous demander la faveur de tirer ma paillasse jusqu’en votre chambre pour dormir sous votre protection. — Volontiers, c’est même moi qui dormirai au sol, je vous laisse ma couche. Elle quitte sa robe et sa coiffe, mais garde sa chemise et, à la lueur tremblotante d’une chandelle, peigne longuement sa chevelure blonde ondulée. Qu’elle est belle ainsi ! Malgré le flou de la chemise de lin, je perçois les pointes de deux seins magnifiques, la voluptueuse rotondité de sa croupe assise, j’en suis tout ému. — Je vous préviens, ma sœur, j’ai pris en pays chauds l’habitude de dormir nu. — Faites comme il vous plaira, mon cher frère. Et merci de m’accueillir dans vos appartements. Il est vrai que désormais tout ici est à vous. — Je sais le droit d’aînesse et de mâle, ...
... cependant je ne l’entends point vraiment ainsi. Nous sortons du même ventre, et il n’est point de raison pour que vous ne soyez pas ici chez vous, maintenant et toujours. — Cette bonté vous honore, répond-elle en mouchant la chandelle. J’entends craquer le bois du lit lorsqu’elle s’y étend, puis le silence revient. — Hugon, ou qui que vous soyez, vous n’êtes pas mon frère, n’est-ce pas ? — Pourquoi dites-vous cela ? — J’ai eu le temps de voir que vous ne portez pas cette petite tache de vin au flan gauche, marque de toute notre famille transmise par notre mère, et dont je me souviens parfaitement sur vous quand nous étions enfants. — … Votre… perspicacité vous honore, Blanche. Je ne puis rien vous cacher. — Qui êtes-vous donc alors ? Un usurpateur ? — Pour l’amour de Dieu, ne pensez pas cela. Je suis un voyageur égaré dans l’espace et le temps que votre père, avec sa vue déficiente et à la veille de sa mort, a pris pour son fils chéri qu’on disait mort en croisade. — Voyez-vous une excuse en cela ? — Nenni. Je souhaitais me fixer dans cette région, il est vrai. J’ai simplement voulu adoucir la fin de vie de ce vieillard touchant, tellement courageux sous la torture de son pauvre corps déjà en décomposition. J’ai fait comme si j’étais son fils, il en était heureux et soulagé, il rendit son dernier souffle apaisé entre mes bras. Mais je ne suis en aucun cas un voleur, un assassin ou un scélérat. Tout ce qu’il possédait vous appartient, à vous et à vous seule. — ...