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Aknor
Datte: 04/05/2024, Catégories: fh, amour, pénétratio, historique, aventure, sf, rencontre, Auteur: Roy Suffer, Source: Revebebe
—Bip… Bip… BIP… BIP… BIBIBIBIBIBIP ! — Ouais, oh, ça va, pu… de réveil ! Rien qui ne me fait plus râler que ça, cette horrible sonnerie qui me torture les oreilles pour m’obliger à aller en cours. J’ai dû trop picoler hier soir, j’me sens vaseux : pâteux et tout frissonnant. Je tends la main pour mettre une claque à l’odieux engin qui ne respecte pas ma gueule de bois.Bang ! Aïe ! Ma main a tapé contre un truc. Au moment où j’ouvre les yeux pour constater la douce lumière qui croît progressivement, je vois le couvercle de plexiglas qui me recouvre s’ouvrir progressivement et je sens mon lit qui bascule lentement vers la verticale. Ça y est, j’y suis… Plus dans ma chambre d’étudiant, mais dans ma couche de capitaine, et l’ordinateur de bord m’a sorti de l’hibernation. Il y a donc soixante-douze années terrestres que nous sommes partis et voguons dans l’espace à fond les manettes, genre 150 000 km/seconde… Oui, vous lisez bien, 150 000 kilomètres en une seconde et ce pendant soixante-douze ans ! On a fait du chemin, c’est peu de le dire. Belle invention que ce moteur électromagnétique qui nous fait flirter avec la moitié de la vitesse de la lumière. Si ça se trouve, on l’atteindra sous peu, ou même, c’est déjà fait depuis soixante-douze ans, et il y a des copains qui nous ont dépassés et qui sont peut-être déjà revenus. Va savoir. Peu importe, nous devons accomplir notre mission. C’est quasi militaire à la WSA(World Spatial Agency). Il a fallu attendre 2040 et cette ...
... fameuse invention du moteur électromagnétique, très coûteux à développer, pour qu’enfin tout le monde se mette d’accord pour partager les moyens, les progrès et les succès, s’il y en a. Et nous voilà neuf, issus de pays différents, embarqués dans le même vaisseau pour aller visiter une exoplanète, l’une de celles potentiellement capables d’abriter la vie, ou du moins des conditions favorables à son développement. Étonnamment, j’ai été désigné comme capitaine de l’expédition, moi le Français, pour deux raisons : d’abord, le meilleur site de lancement, le plus proche de l’équateur, est français, en Guyane. Ensuite, c’est moi qui me suis le mieux démerdé au stage de survie. Mon père avait été scout dans son enfance, moi pas, parce que c’était devenu une association de jeunes cathos qui passaient leurs dimanches à sortir les vieux. C’est gentil, mais rien à voir avec le maniement de l’Opinel, les brêlages, les cabanes, les ponts de singes, les courses d’orientation et les raids survie. Alors, mon père, pour lutter contre mon penchant naturel pour les écrans, m’a fait chier toute mon enfance et tous les week-ends : partir les mains dans les poches avec juste un couteau, construire un abri, faire du feu sans rien, trouver à manger, fabriquer arc et flèches, pièges, canne à pêche, que sais-je encore. On quittait la maison en VTT le samedi matin, au grand désespoir de ma mère, et on ne rentrait que le dimanche soir, crottés à souhait. Mais il était fier de moi et ça, ça n’a pas de ...