1. Aknor


    Datte: 04/05/2024, Catégories: fh, amour, pénétratio, historique, aventure, sf, rencontre, Auteur: Roy Suffer, Source: Revebebe

    ... bien compris, me voilà à la tête d’une propriété et d’une hypothétique fortune qui, dans cette misère crasseuse, ne doit pas être bien importante. Mais également de toutes les responsabilités et emmerdements afférents. Bonjour, le retour sur Terre !
    
    La dépouille du vieil homme est transportée à la chapelle, lieu qui sent le petit champignon, mais c’est un pis-aller. Le chapelain, petit moine dodu, assure la veillée funèbre. Je vais jusqu’à ma « chambre » pour trouver des vêtements convenables et quitter mon scaphandre, pourtant très léger et près du corps, que chacun a pris pour une armure. Les frusques sentent un peu le moisi, certaines sont rongées aux mites. Je dégote tout de même une chemise sans boutons, à enfiler, une sorte de tunique, un pantalon avec cordon de serrage et une paire de bottes à large revers. Je regrette de ne pas disposer de miroir, je dois avoir une drôle d’allure. Si l’habit ne fait pas le moine, il fait peut-être le noble, car les paysans qui accourent des alentours me saluent respectueusement en me donnant du « Monsieur le Comte ». Eh oui, je suis devenu comte de Farges, leur nouveau maître et propriétaire de leurs terres. Pétronille a envoyé Tristan chercher ma « sœur » au couvent de Saint-Georges de Mons à cinq lieues du château. Il revient le lendemain, guidant les deux bœufs tirant la lourde charrette d’où sort la pseudo-frangine.
    
    Et là, c’est un choc lorsque la large capuche choit sur ses épaules et s’ouvre sur la robe de lin. Quelle ...
    ... beauté ! Un minois rond avec un petit menton pointu, souligné par la coiffe serrée d’apprentie nonnette, tourne vers moi des yeux rougis par la peine.
    
    — Hugon ? C’est vous, mon frère ? Comme vous avez changé. Vous êtes un homme maintenant.
    — Vous aussi vous avez changé. La petite fille que j’ai quittée est devenue une superbe femme.
    — Nous voilà orphelins, et vous voilà Comte de Farges, et moi bientôt nonne…
    — Vous semblez dire cela comme avec regret…
    — Oui… non… je ne sais pas… En fait, je ne peux le savoir. Aller au couvent était le choix de notre père et je n’ai connu de la vie qu’ici et le couvent. Je ne regrette pas d’offrir ma vie à Dieu. Mais vous qui avez couru le monde, dites-moi s’il vaut la peine d’en connaître plus ?
    — Allons d’abord accompagner notre père en sa dernière demeure, nous en parlerons après.
    
    Il ne fallait pas retarder l’enterrement, ce vieux corps pourri pourrait bien tomber en charpie avant. La chapelle était pleine des nobles voisins et amis, les gueux étaient restés dehors et écoutaient la cérémonie par les portes grandes ouvertes dans un silence religieux. Gauthier de Farges rejoint ses ancêtres dans le cimetière du village. Au château, les femmes s’affairent à préparer le banquet pour les nobles parfois venus de loin, Gannat, Clermont, Riom et autres lieux, l’occasion de faire leur connaissance et celle des échanges commerciaux que mon « père » entretenait avec eux. Tous ou presque semblent bien plus riches qu’il n’était, ce qui se mesure ...
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