1. Aknor


    Datte: 04/05/2024, Catégories: fh, amour, pénétratio, historique, aventure, sf, rencontre, Auteur: Roy Suffer, Source: Revebebe

    ... prix. Même étudiant, il nous arrivait encore de partir tous les deux en stop, avec un sac à dos chargé du minimum vital, et de visiter deux ou trois pays, sans pognon, juste en se débrouillant. Et si on ne sortait pas, alors c’était peinture, maçonnerie, menuiserie, soudure, plomberie, carrelage, etc. Tout dans la maison était prétexte à une nouvelle activité. Là, ma mère ne se plaignait pas, sa baraque était au top du top. Elle en profitait même pour m’apprendre à cuisiner, au moins l’essentiel. Et par-dessus le marché, lorsque j’allais goûter un repos qui me semblait mérité chez mes grands-parents, c’est mon grand-père qui en rajoutait une couche avec le jardinage :
    
    — Oh, je suis bien fatigué, tu sais. Pourtant il y a bien ce carré à bêcher, et puis les salades à repiquer et avec mon dos…
    
    Alors je donnais un coup de main, et en échange, en plus des admiratifs « c’est beau d’être jeune », il m’emmenait en promenade dans la campagne, m’apprenant à reconnaître les plantes, les champignons, les traces des animaux selon les saisons, les chants d’oiseaux. Du coup, la WSA a hérité non seulement d’un ingénieur surdiplômé, d’un compétiteur acharné au triathlon, mais d’un touche-à-tout qui n’appelait pas les équipes de dépannage pour un oui ou pour un non. Lorsque le stage de survie s’est présenté, je me suis frotté les mimines quand d’autres angoissaient. Nous avions à disposition une table complète de matériels et d’équipements divers, des provisions même : ça allait de la ...
    ... mini-tente au réchaud, en passant par les conserves et le duvet, les casseroles gigognes, les jumelles, les lampes, on se serait cru au « Vieux Campeur ». J’ai pris le plus petit des trois sacs à dos proposés, un couteau, une carte, une boussole, un quart métallique, une pelote de ficelle, une bobine de fil et un briquet. Premier sur le terrain, le moins chargé donc le plus rapide, de bonnes chaussures légères et des guêtres, bien plus pratiques et saines que des bottes, des vêtements de toile de coton et un chapeau. Si, j’ai pris aussi une sucette que je me suis mis immédiatement à sucer etciao la compagnie. En apercevant les autres essayer de loger encore une boîte de cassoulet ou un paquet de biscuits dans leurs grands sacs déjà trop pleins, je me remémorai cette phrase de Lanza Del Vasto que mon père citait toujours :
    
    « C’est au poids du sac sur le dos que l’on connaît le poids des choses inutiles. »
    
    Nous avions sept jours pour parcourir trois cents bornes, d’abord dans une jungle épaisse parsemée de marigots et de cours d’eau, puis franchir une belle petite montagne bien abrupte débouchant sur une portion désertique. Bien joué, les G.O. ! De quoi en faire craquer plus d’un, et d’une, puisque le groupe était mixte. Vingt-trois au départ, les neuf premiers seraient retenus. Mais les largués devraient attendre que la semaine soit écoulée avant qu’on ne lance des recherches. Tout le monde était prévenu. On a eu quand même deux fractures, un début de gangrène, et une ...
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