1. Aknor


    Datte: 04/05/2024, Catégories: fh, amour, pénétratio, historique, aventure, sf, rencontre, Auteur: Roy Suffer, Source: Revebebe

    ... restons étendus sur le sol de l’anneau rotatif. C’est là qu’elle m’annonce :
    
    — Capitaine, malgré tout l’amour que je te porte, je ne supporterai pas une seconde journée dans ton pays…
    — Niroko, certes ce n’était pas folichon, mais avec quelques efforts, en quelques semaines, ça pourrait devenir vivable.
    — C’est au-dessus de mes forces, j’en suis désolée. Malgré les séismes et les typhons, je veux que tu me déposes au Japon. J’aurai au moins un bol de riz pour me nourrir.
    — Niroko, par pitié, ne m’abandonne pas… pas maintenant… pas après tout ça…
    — Ma décision est prise, je n’y reviendrai pas, quoi que tu dises.
    
    Nous avons passé plusieurs heures à charger la navette d’une façon un peu différente, pour un départ sans retour, puisqu’elle n’en disposera plus. Un chargement basé sur la survie et la défense, incluant un puissant émetteur qui lui permettra de m’appeler à l’aide. En analysant l’imagerie 3D et le peu d’histoire de ce pays dont nous disposons, son choix se fixe sur la plus petite des quatre îles principales, Shikoku. Il fait nuit quand je la débarque, je l’aide à établir son camp de base. Nous disposons de tentes assez extraordinaires, conçues pour l’exploration en terrain difficile. Il s’agit de grosses valises qui, une fois posées au sol, développent automatiquement une structure à mémoire de forme, de type rhombicosidodécaèdre. C’est à la fois joli et surtout très efficace : faces transparentes de l’intérieur et réfléchissantes de l’extérieur, quasi ...
    ... inaltérables, sauf au bazooka, température auto-régulée par l’énergie captée, air filtré, sas d’entrée, liaison possible entre deux éléments pour constituer une sorte d’appartement, c’est ce que nous installons. Les accessoires sont constitués du mobilier essentiel à mémoire de forme. Elle s’installe une chambre et une réserve de matériel. Le jour se lève sur notre probable dernier baiser.
    
    Retour au castelet où je m’entête à vouloir essayer de vivre. Avant même que je n’arrive, un malabar hirsute me hèle du pont-levis :
    
    — Messirre Hugon, Messirre Hugon, vite, le maîtrre vous mande.
    — J’y cours. Vous êtes Tristan, c’est ça ?
    — Voui, vous m’avez oublié, c’est norrmal…
    
    Le vieillard est vraiment sur sa fin, un gros moine est près de lui. Dans un ultime effort, il tend sa main vers moi et fait sortir le moine, Tristan et Pétronille. À deux pas, c’est difficilement supportable, mais quand il me tire à lui pour me parler à l’oreille de sa bouche édentée, j’ai l’impression de plonger dans un égout.
    
    — Mon fils, je me meurrs et sens déjà le frroid m’envahirr. Toute ma forrtune qui est maintenant tienne est là, sous mon lit, dans le plancher. Prrend bien soin de nos terrrres et de ta jeune sœurr…
    
    Et pouf, dernier soupir malodorant. Je sors, malgré tout consterné, l’instant est émouvant. À voir ma tête, le moine se signe, Pétronille hurle son chagrin et Tristan reste penaud, balançant d’un pied sur l’autre. Je le soupçonne de vouloir noyer sa douleur dans la vinasse. Si j’ai ...
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