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Aknor
Datte: 04/05/2024, Catégories: fh, amour, pénétratio, historique, aventure, sf, rencontre, Auteur: Roy Suffer, Source: Revebebe
... j’en connais une qui n’y touchera pas. Le vieil homme s’est assoupi. Étrange situation que ce vieillard prêt à mourir qui me prend pour son fils, et cette servante aveugle qui ne le dément pas. Le dîner festif marquant le retour de l’enfant prodigue est à la hauteur de mes attentes ; brouet de froment parsemé de fèves avec un morceau de gras tremblant, servi dans des écuelles ébréchées de terre cuite avec des cuillères de bois. Un jus noirâtre dans des gobelets d’étain l’accompagne, supposé être du vin. Prenant mon courage à deux mains, je goûte. Certes, ce n’est pas bon, pas d’étoile au Michelin. Mais notre bouffe lyophilisée était dégueulasse aussi. Niroko me regarde, je l’incite des yeux à honorer le travail de Pétronille, pauvre aveugle. Elle essaye, un peu de froment, grimace, quelques fèves, grimace, un bout de lard, et là elle se lève d’un bond et file vomir dans la cour. — Le voyage fut si long, si dangereux, et on est si loin des coutumes de son pays. Il faut la comprendre, tenté-je de l’excuser. — Ben vrrai, du si bon larrd qu’on en a pas trrop. — Les temps sont durs à ce point ? — Oh oui da ! Des gelées tarrdives, des mauvaises rrécoltes, et puis votrre pèrre qui ne contrrôle plus rrien. Y a bien Trristan, le rrégisseurr qui s’en occupe un peu, mais il s’occupe surrtout de la chopine. Voyez donc, il est tantôt nuit et il est toujourrs point rrendu. — Je vais aller m’occuper de mon amie, Pétronille, je vais lui faire faire un tour au grand air. Permettez que ...
... j’abaisse le pont-levis ? — Oh, pensez donc, vous êtes ici chez vous. Ça fera ça de moins à fairre pourr Trristan. Niroko aspire l’air à grandes goulées, j’abaisse la lourde plaque de bois et elle semble soudain soulagée. — Eh bien, la Renaissance n’est pas forcément idéale pour des gens du XXIe siècle. — C’est le moins qu’on puisse dire. Désolée, je ne supporte pas. Tout est si… sale, puant, repoussant, les lieux, les gens, la nourriture… C’est un enfer ! — Un peu, oui. Mais nous avons l’habitude des contraintes et des modes de vie difficiles. — D’accord, Capitaine, mais dans le vaisseau, au moins, tout était propre, aseptisé. C’est quoi le menu demain ? Oh, je rêve d’un simple bol de riz… — N’y compte pas, on ne le connaît pas encore. Pas plus que les patates, les tomates, le maïs, les courges… — Mais comment peut-on vivre dans ce monde-là ? Et ils puent, tous, ça, c’est le pire ! — Oui, inutile de chercher la salle de bain, on se lave quand il pleut. — S’il te plaît, emmène-moi au vaisseau prendre une douche, je t’en supplie… Direction la navette, la nuit tombe, nous décollons vers le vaisseau. Pas de visite apparemment depuis que nous l’avons laissé, signe que les autres n’ont eu besoin de rien. Niroko fonce vers les douches, comme pour se débarrasser de la puanteur de la journée. Je la rejoins, elle m’accepte avec elle. Nous faisons l’amour furieusement, comme pour des retrouvailles après une longue séparation. Épuisés et en nécessité de pesanteur, nous ...