1. Tout se joue le 18 juin.


    Datte: 26/04/2024, Catégories: f, h, cérébral, fantastiqu, Auteur: Aventurine, Source: Revebebe

    ... secondes, pensif. Je le plaque sur la table sans ménagement. Rien n’y fait, rien ne s’arrête, le plaisir croît… Jusqu’à ce que deux nouvelles vibrations se fassent entendre, amplifiées par le contact avec la surface métallique de la table. Les coudes sur la table et le visage enfoui dans les mains, pantelant, je ne parviens pas à repousser l’orgasme qui surgit brutalement.
    
    Le râle que je viens de laisser échapper me vaut un regard amusé du vieillard voûté qui m’a salué tout à l’heure. Celui-ci passe lentement devant moi, clopinant avec sa canne. Puis, sans se départir de son étrange sourire, il traverse aux feux de signalisation et disparaît parmi les passants.
    
    Reprenant mon souffle, les yeux hagards, j’avale d’un trait mon verre d’eau et range lesextoydémoniaque dans ma poche. En attendant que mon sexe reprenne des proportions raisonnables, je peine à croire à ce qui vient de m’arriver. En toute hâte, je reprends le chemin de mon appartement sans même penser à régler mon café. Le petit jouet ne vibre plus contre ma cuisse. Pourtant, il diffuse une chaleur que je n’avais pas remarquée et qui, comme le reste, me paraît défier le rationnel. Puis en marchant, une sensation de bien-être m’envahit et fait place aux derniers reliquats de l’orgasme. Au-delà du plaisir physique, je me sens apaisé. Revigoré. Et me dis que cette montagne de classeurs n’est certainement pas insurmontable même si j’en ai loupé quelques paliers. Ne vaudrait-il pas la peine de livrer bataille, ...
    ... finalement ?
    
    — Hey ! Bébé, tu pourrais ranger la table ! On n’a pas la place d’y poser une tasse !
    — Oui, je sais… T’inquiètes, je vais monter le nouveau bureau ce week-end !
    
    Je peste et marmonne deux ou trois jurons lorsqu’Anthony entre dans la salle de bains pour lancer une machine. On a beau dire, parfois la vulgarité fait du bien. J’empile tous les classeurs et feuilles volantes en un geste, les pose sur le lit dans notre chambre attenante et reviens vers la table encombrée. Anthony ne manque pas de toupet, en plus d’occuper tout l’espace il m’a emprunté ma trousse sans me le demander. D’un air las, je contemple mes affaires éparpillées au milieu des siennes. Vivre avec un bordélique, est-ce bien raisonnable pour moi qui trie mes sous-vêtements par couleur dans mes tiroirs ? Dans la trousse d’Anthony, je fourre ses stylos et surligneurs mordillés et tente en même temps de retrouver les éléments de mon plumier en métal. Tiens, il est fun, son surligneur mauve, je vais le garder… Il en a plein, de toutes façons !
    
    Une fois mon cartable prêt, je remets de l’ordre dans mes cheveux et, me tournant vers la salle de bains entrouverte :
    
    — J’y vais, mon cœur, révise bien !
    
    La porte s’ouvre plus largement, laissant apparaître la tignasse ébouriffée d’Anthony, qui me demande d’un air surpris :
    
    — Ben, tu manges pas ? Y a des lasagnes au four !
    — Non, merci… J’ai vraiment pas faim, ça passera pas.
    — C’est pas raisonnable.
    
    Ignorant la remarque, je me dirige vers ...
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