1. Des nouvelles de Caracas


    Datte: 20/04/2024, Catégories: vacances, caférestau, fête, voyage, autostop, bateau, nonéro, lettre, aventure, lettres, Auteur: Ian, Source: Revebebe

    ... achète une bouteille de rhum dans une épicerie des bas quartiers. On nous offre à boire autour d’une table en compagnie des locaux.
    
    Paul qui voudrait apprendre le français se démerde déjà bien en créole ; gag !
    
    Le retour à bord est mouvementé. Et la guitare en voit de toutes les couleurs.
    
    Mercredi 16 janvier
    
    Réveil tardif, gueule de bois générale ! Rangement et nettoyage à bord puisque l’on prévoit 24 heures de navigation pour rejoindre Fort-de-France directement.
    
    Après-midi : quelques formalités de douane, quelques courses.
    
    Enfin vers 18 h, on relève l’ancre. Cap sur Fort-de-France, Dominique à la barre, Paul au plumard, je m’assoupis également.
    
    20 h 30 : je fais la bouffe et dors jusqu’à 1 h 30, donc on est jeudi 17 maintenant. Paul me réveille pour prendre la barre, on est au large de Marie-Galante en vue de Dominica côté est, c’est-à-dire sur l’Atlantique.
    
    Pas beaucoup de vent, la consigne : tenir bon le cap, surveiller les feux de navigation et si possible donner de la vitesse au bateau. Un peu embrouillé, la bouteille de flotte à côté, je caresse cette roue en bois style vieux gouvernail, tu connais ? Et les yeux rivés sur le compas lumière rouge comme dans les cockpits d’avion.
    
    J’attends que tout le monde soit couché pour régler les voiles à ma façon et entamer un vieux dialogue entre la mer, les étoiles, le bateau, et moi. On est sur l’Atlantique, les vagues sont longues et fortes, mais elles vont dans le même sens que moi. Une petite ...
    ... prière pour avoir du vent, le Bon Dieu reçoit cinq sur cinq et m’envoie une brise idéale.
    
    2 h : la brise force légèrement, pas de problème pour Potvis qui a l’habitude. Les voiles bien réglées, le cap bien choisi, un clair de lune qui facilite l’observation et Potvis file tranquille 6 à 7 nœuds. Il n’y a plus qu’à barrer et rêver… sans dormir.
    
    C’est la fête, les dauphins arrivent en pagaille et chahutent avec la coque. Leur petit cri de bienvenue ne me trompe pas. Ce ne peut être des requins. De toute façon, c’est pas l’heure du bain.
    
    3 h : la nav va… et je pense qu’en remontant ces courants et alizés il y a un pays et tant d’amour, je jette un œil sur ma montre : on est le 17, c’est l’anniversaire du petit Julien de Champigny. Je me promets de planter ces souvenirs dans ma tête pour lui en faire un jour apprécier la saveur.
    
    4 h : mêmes conditions, je quitte quelques secondes la barre pour aller voir à l’avant si le bateau donne le maximum de sa pêche. Ça va, il donne bien. Les milles nautiques défilent, je repense à la bonne école Diapason qui m’avait donné les premières satisfactions de la navigation de nuit et la formation aussi.
    
    Et puis, évidemment, je pense à toi qui découvriras peut-être tout ça un jour, je ferais tout pour.
    
    5 h : parfois, Dominique ou Paul me le demandent l’heure. Je triche un peu pour garder la barre et répond : « It’s only 3 : 30 »(il n’est que 3 h 30)…
    
    5 h 30 : le jour va se lever sur l’horizon et je ne veux pas rater ça.
    
    6 h : ...
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