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Des nouvelles de Caracas
Datte: 20/04/2024, Catégories: vacances, caférestau, fête, voyage, autostop, bateau, nonéro, lettre, aventure, lettres, Auteur: Ian, Source: Revebebe
... c’est vrai que j’ai bien barré, on arrive au sud de Dominica et on devine la Martinique au loin. La lueur du soleil estompe les étoiles qui m’ont accompagné dans cette rêverie, sans fumée, sans alcool, juste du sel et du vent. 7 h : les deux autres complices se lèvent pour prendre leur quart. Captain Paul me félicite pour la bonne marche ; je vais me coucher vidé, épuisé, mais si heureux… 14 h : réveil au large de Saint-Pierre en Martinique, je prépare un copieux déjeuner. Après quoi les deux font une sieste. Je reprends la barre et me fais l’arrivée à Fort-de-France. 18 h : le copain d’Antibes sur Favigna nous voit arriver et comme il s’emmerde un peu en attendant ses clients, il nous bigophone en VHF. Apéro ensemble. On raconte nos tribulations terrestres. Il est ébloui. Bouffe, guitare, minuit arrive et mes deux collègues bien partis veulent faire un tour à terre dans la boîte des Noirs que je connais. Je préférerais aller me coucher, mais, finalement, étant le plus clair des trois, je les accompagne pour qu’ils ne fassent pas de conneries. Tout se passe bien, on danse jusqu’à 3 h du matin. Vendredi 18 janvier 10 h : je file à la poste. Il y a encore des paquets-lettres de Mâ et… Une lettre de mon père… 10 h 30 : préfecture de Fort-de-France. Je demande au pépé antillais – qui me reconnaît aussitôt et m’appelle par mon nom – ce qu’il advient de mon passeport, il me répond : — Ah bah ! Si on avait le timbwe fiscal il serait déjà fait ...
... puisqu’on a le feu vert des Alpes-Mawitimes. — Et avec le timbre, combien de temps ? — Pour lundi. — Ça fait tard, car je dois partir en bateau à Sainte-Lucie et je risque d’en avoir besoin. — Oh ! Alors je ne veux pas que vous ayez des pwoblèmes avec les autorités anglaises… Allez acheter le timbwe à 335 francs et je fais le possible pour vous le sortir à 11 h 30. Et à l’heure dite, le pépé me refile un beau passeport tout neuf valable jusqu’en 1990 avec pour seule adresse « Fort-de-France, Martinique ». Chapeau ! non ? 12 h 35 : en retournant au bateau je passe devant l’ambassade des États-Unis. Je monte en short, pas rasé et demande un visa touristique pour aller en bateau à Puerto Rico ; ça paraît plausible. Les bureaux ferment à midi et je remplis la fiche en vitesse. Le consul me dit : — Alors vous avez changé d’avis ? — Oui, j’ai trouvé un bateau pour passer aux îles Vierges et il me faut un visa au moins touristique. — Okay, repassez lundi matin, ce sera fait. — Mais, Monsieur le Consul, le bateau part demain… — Well ! Revenez cet après-midi vers 15 h, ce sera fait. Ainsi je me retrouve avec mon arme secrète : un deuxième passeport qui comporte un visa d’un an pour les States. Ça ne permet pas d’y travailler légalement, mais au moins d’y circuler. Chapeau ! Non ? Soir : partie de dominos à bord de Flavigny. Samedi 19 janvier Meeting de l’équipage. Dominique n’a plus beaucoup de sous et décide de rentrer en France. Paul et moi décidons de faire ...