1. Des nouvelles de Caracas


    Datte: 20/04/2024, Catégories: vacances, caférestau, fête, voyage, autostop, bateau, nonéro, lettre, aventure, lettres, Auteur: Ian, Source: Revebebe

    ... sans frime non plus. Pas de piège à touristes, les seuls bateaux qui viennent se perdre ici respectent le lieu et sa tranquillité. Sauf nous qui avons fait une bringue pas possible le soir.
    
    On fait quelques courses : cigarettes, bière, glace (…) sous un soleil généreux ; la place du marché avec une bicoque Gendarmerie nationale et un petit Crédit Agricole nous rappelle que l’on est en France, département de Guadeloupe. Seules ces institutions nous rattachent à la civilisation.
    
    On y est tellement bien que l’on s’affale à la terrasse d’un petit resto créole : tabouret, toile cirée, menu créole dont boudin noir, acras de morue, purée d’iguane, poulpe, un rosé qui n’a jamais vu la Provence… des salamandres qui courent à nos pieds, j’en ai même plus peur. Un transistor donne des nouvelles du monde et de la France : ça m’amuse, car j’ai du mal à me situer par rapport à tout ça.
    
    15 h : retour au bateau. Je nettoie les herbes qui envahissent la ligne de flottaison avant de faire la sieste.
    
    18 h : apéro avec l’équipage de Rosa, l’autre bateau hollandais. La guitare met tout le monde sur le pont ; j’ai l’inspiration et tiens en haleine mon public jusqu’à 21 h. Petite bouffe.
    
    Le village nous a tellement plu qu’on y retourne pour voir l’ambiance de nuit. Et puis on n’a plus rien à boire à bord.
    
    Premier troquet : le bar d’un hôtel. La serveuse est tellement gentille qu’on voudrait l’embarquer, mais elle est mariée, blanche, et parle créole comme beaucoup de gens de ...
    ... cette île.
    
    Deuxième troquet : la crêperie tenue par un couple de jeunes « métros » très sympas. Terrasse plein air un peu en hauteur ; on nous sert à boire dans des hamacs. En bas, dans la baie, Potvis se balance au bout de son ancre. Il n’y a que lui de sérieux dans cette histoire.
    
    Après une demi-heure arrivent deux autres clients. On a la pêche, les tauliers mettent des cassettes de reggae et c’est reparti pour un tour. Jam jusqu’à 3 h du matin. On refait le monde avec ces nouvelles rencontres, et encore des adieux, puis dodo.
    
    Mardi 15 janvier
    
    Cap sur la Guadeloupe. Je barre toute la journée et me fais l’entrée du port de Pointe-à-Pitre à la tombée de la nuit suivant les balises qui signalent les cailloux. Le port est sale et pas très hospitalier. On mouille près des barcasses de pêcheurs.
    
    Descente à terre. La ville est moins sympa que Fort-de-France. On trouve un bon bar, correct, et on nous indique un petit resto.
    
    Dans une rue sombre, une des enseignes « Chez belle-mère » attire notre attention. On rentre, c’est une pension de famille. C’est tellement désuet et vétuste qu’on tente le coup, toujours en quête d’insolite et d’inattendu, je suppose.
    
    La vieille doudou nous apporte à dîner : soupe, ragoût de bœuf, vieille piquette des vignes guadeloupéennes, la télé avec Coco boy et Bouvard. On est reçu un peu comme à Arbois.
    
    Avant de partir, il faut aller faire la bise à la belle-mère, c’est plus important que l’addition.
    
    En retournant au bateau, on ...
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