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Des nouvelles de Caracas
Datte: 20/04/2024, Catégories: vacances, caférestau, fête, voyage, autostop, bateau, nonéro, lettre, aventure, lettres, Auteur: Ian, Source: Revebebe
... jalonnent la route défoncée dégagent néanmoins une atmosphère « reggae » au sens large du terme. Trois Blancs comme nous, bronzés, en haillons, un peu pétés, le boyau de la rigolade en l’air, c’est le meilleur moyen d’approcher les rastas. Pas de crainte à avoir, au fil du chemin, un mot aimable à chacun, on n’a pas la dégaine « touristes », mais plutôt aventuriers. On branche deux nanas qui nous emmènent dans un bar où il n’y a pas assez d’ambiance, alors que l’on voudrait danser. À la lueur des lampes, les filles sont jeunettes et l’on ne veut pas d’histoires. Alors on leur paye à bouffer et on les largue gentiment. Sur le retour vers le bateau, on aperçoit une bicoque : quelques planches de bois, quelques tôles en guise de toit, du monde à l’intérieur, de la musique, de la fumée de barbecue et Ganja(Marijuana). Comme il y a un mec à l’entrée, on croit que c’est une boîte locale et on rentre. Aussitôt encerclés de rastas en liesse, on se met à danser, provoquant l’hilarité générale. Les filles nous invitent à danser et nous portent à boire un punch à faire bander les morts. En fait, on était chez des gens qui fêtaient l’anniversaire d’un des leurs. On a filé quelques dollars Biwi(*) pour participer aux frais en faisant attention de ne pas vexer non plus. (*) ou E.C.dollars : c’est le dollar en vigueur dans les îles anglaises des Caraïbes ; la reine Elizabeth II en photo sur ces billets me fait tellement penser à Mémé, son sosie… Puis on est allé ...
... chercher une bouteille de rhum sur le bateau. Ils ne voulaient plus qu’on parte. Quand les flonflons se sont calmés avec cinq Noirs, on a cherché un troquet en ville. Tout était lourdé, chemin faisant, ils nous ont expliqué l’histoire de leur indépendance, sans aucun propos de haine ou d’amertume envers les Anglais ou les Blancs en général. On a chanté sans orchestre les chansons de Bob Marley que l’on connaissait ensemble, dont la fameuse« Redemption Song ». Ils étaient ravis que l’on connaisse et respecte leur culture, et avant de se quitter ils nous ont invités à les retrouver pour le carnaval de février qui vaut le coup, c’est ce que tout le monde dit. Au moment des adieux, ils savaient tous nos prénoms. Paul y retournera en février et donnera des nouvelles de Dominique et moi. Je te jure qu’à l’issue d’une telle fête les préjugés racistes tombent bien bas. 4 h du matin : retour sur Potvis, encore enchantés de ce que l’on vient de vivre. Dimanche 13 janvier Cap sur « Les Saintes », minuscule archipel où l’on jette l’ancre à la nuit tombée. À côté, un bateau que connaît Paul ; le skipper est son voisin de port à Amsterdam. On prend un pot ensemble : guitare, ti’punch et joie de vivre. Lundi 14 janvier On va mouiller(jeter l’ancre) dans la baie d’en face ; sur l’autre caillou se dresse sans prétention un village de rêve au point que l’on croirait tourner dans une opérette. Quelques pas dans les rues entre des maisons en bois super bien entretenues, mais ...