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Des nouvelles de Caracas
Datte: 20/04/2024, Catégories: vacances, caférestau, fête, voyage, autostop, bateau, nonéro, lettre, aventure, lettres, Auteur: Ian, Source: Revebebe
... superbe, bon petit vent, ton fils à la barre, Paul aux écoutes, Dominique à la guitare. Potvis n’a pas la fougue des bateaux polyester que je louais à Nadia, mais il est conçu pour l’Atlantique, donc solidité et fiabilité sont ses qualités premières. À la tombée de la nuit(18 h) on aperçoit la Dominique, mais le vent tombe, un grain passe et l’équipage préfère mouiller en rade de Saint-Pierre pour repartir demain en forme de bonne heure. Vendredi 11 janvier 10 h : ancre relevée, on met les voiles, cap sur Dominica. Temps radieux. Une radio périphérique de Fort-de-France nous balance des biguines et reggaes à craquer les haubans, des pubs qui avec l’accent créole prennent l’allure de gags. Un bulletin météo de France métropolitaine annonce -30 °C dans le Jura, -10 °C à Paris, -4 °C à Nice ! J’ai une pensée émue pour mes concitoyens pendant que Potvis me transporte de bonheur ; je suis obligé de mettre une liquette pour avoir moins chaud ! La nuit tombe à 18 h 15 sans variation tout au long de l’année. 19 h : l’approche de « Roseau », la baie où l’on va mouiller en Dominique, se fait prudemment, car les feux de navigation sur les îles anglaises sont inexistants ou en panne et il y a des rochers. Alors, gaffe ! Je suis à la barre, Paul à la table à cartes et au sondeur, Dominique à la vigie. À la lueur des seuls deux hôtels de ce patelin, on prend notre mouillage près des cailloux. Bouffe à bord, guitare, jokes, plaisanteries, rires et dodo. Samedi ...
... 12 janvier Les collègues décident de passer la journée et la nuit ici pour visiter demain. Je ne suis pas de cet avis, désireux avant tout de naviguer plutôt que de traîner à terre. Je fais un peu la gueule, mais la suite sera si piquante que je n’aurai pas l’ombre d’un regret. Midi : on prend un taxi collectif pour aller visiter les « falls », chutes magnifiques sur une hauteur de l’île. Surprise : ils conduisent à gauche et je retrouve les Austin, les mailbox rouges, les panneaux, la signalétique de la vieille Angleterre. Normal, Dominica est indépendante depuis seulement six ans, mais la colonisation anglaise a laissé des traces. Les Noirs parlent un anglais très haché et traînant avec des expressions bien à eux, mais parlent aussi le créole. Moi qui ai travaillé avec des Haïtiens pendant neuf mois, j’ai des notions dans cette langue ravissante qui me permet d’approcher ces gentils rastas tout sourire au-dehors. Les chutes sont admirables et gigantesques, avec des jaillissements d’eau chaude et un petit bar ombragé où l’on rencontre des Américains émerveillés de notre croisière. Traverser l’Atlantique sur un bateau de 11 mètres, ça les dépasse… On retourne au bateau et après une bouffe(dont j’ai la charge permanente) un peu de guitare, une sieste, la soirée est déjà entamée et l’on veut voir ce que donne le Saturday Night ici. Descente à terre. On marche jusqu’au cœur du village. Pas grande animation, pas trop de lumière, les bicoques en bois gris qui ...