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Invisible
Datte: 01/04/2024, Catégories: ff, inconnu, rencontre, Auteur: Jane Does, Source: Revebebe
... abstraite. Quand la porte s’est-elle rouverte ? Virginie est là, avec son sourire engageant qui pose ses fesses sur le rebord du tub. Sa petite main fine lisse un peu la surface de la mousse dans laquelle je me prélasse. — Ça fait un bien fou, hein ? — … oui, oui merci ! Mais j’ai bien peur de me réveiller et de voir que ce n’est qu’un rêve. — Allons ! Ne sois pas aussi pessimiste. Tu sais, moi j’ai connu la galère, les squats sales, les lits remplis de punaises et les types qui me baisaient pour une dose. — Une dose ? Vous voulez dire que vous vous droguiez ? — Oh que oui ! Mais tu peux me tutoyer sans crainte. Tu n’as pas l’air de toucher à cette saloperie. — Une chance que je ne sois pas entrée dans ce foutu cercle vicieux. De toute façon sans fric… c’est impossible, une chance, quoi, que je sois toujours fauchée. — Tu es marrante ! J’adore ton humour Lydie. Mais tu n’as pas de petit copain, pas de mec ? — Le seul que j’ai jamais eu m’a envoyé directement dans la situation dans laquelle je me trouve en ce moment. — Ça fait longtemps que tu fais le trimard ? — Le trimard ? Tu veux dire que je suis à la rue ? Eh bien oui, depuis qu’un gentil juge m’a viré de cet appartement et qu’un autre sympathique huissier m’a mis dehors. Mais je ne me prostitue pas du tout. — Pardon ! Je ne veux pas te vexer… je fais simplement référence à ce que j’ai connu moi et ma foi, je transpose trop facilement. Mais tu sais avec de beaux habits, une santé retapée, je suis certaine ...
... que tu peux retrouver un job et t’en sortir. — … tu sais comme moi que deux jours dans la rue et déjà tu deviens une épave. Les patrons ne veulent pas d’une fille comme moi, sale et sans toit. Oh ! Entre les belles intentions et les actes, il y a un sacré fossé à combler. — Tu peux rester avec Gérald et moi le temps que tu veux… mais nous en reparlons en dînant… prends ton temps pour te pomponner… je crois que tu lui plais autant qu’à moi. — Que je lui plais ? Tu parles de ton mari, là ? — De mon compagnon oui… c’est lui qui m’a sortie de la rue et de la drogue. Bon ! Ce n’est pas tout ça, mais ça risque de brûler dans mes gamelles. À tout de suite Lydie. De nouveau, je sens que la peau de mon visage me brûle sous le regard de cette nana. Elle est plutôt bien roulée, alors que cherche-t-elle en s’encombrant d’une épave telle que moi ? La porte de nouveau se referme après son passage et je finis de me rendre présentable. J’ai effectivement trouvé des ciseaux et de quoi soigner mon apparence dans la commode. Je n’ai cependant pas osé passer une couche de rouge sur mes lèvres… ça ferait bizarre. Et je viens de dénicher sur la serviette de bain le motif de sa seconde visite à la salle d’eau. Un long peignoir en éponge dans lequel je m’emmitoufle avec délice. — xxXXxx — La dînette… Deux paires de mirettes suivent mon arrivée dans ce coin-repas identique à celui qui réunissait mon ex et moi, jadis. Là encore, sans la différence des meubles, je jurerais que je viens ...