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Invisible
Datte: 01/04/2024, Catégories: ff, inconnu, rencontre, Auteur: Jane Does, Source: Revebebe
... de quitter la pièce quelques instants auparavant. L’homme, cheveux bruns courts, peau hâlée, prunelles d’un bleu ciel, me détaille. Il doit avoir un âge approchant celui de sa compagne et quelque part du mien. Gérald me sourit alors que je ne sais plus ce que je dois faire. La table est mise. Trois couverts qui paraissent attendre mon bon vouloir. Virginie quant à elle arbore une sorte de chignon ou du moins ses tifs sont relevés sur le sommet de son crâne. Ceux-ci tirent sur le blond avec quelques mèches plus sombres. Une teinture sans doute. Elle aussi me fait une risette qui me donne l’air d’être vraiment une invitée bienvenue. Sur la table, un parfum agréable chatouille mes narines. Il émane d’un plat et mes babines se pourlèchent à l’idée de ce que mes sens perçoivent. Un poulet frit qui sort vraisemblablement du four. Mais sa garniture - des pommes de terre rissolées - me fait elle aussi envie, d’un coup. Par contre, eux sont toujours en habits de jour, alors que je porte sur le dos, le peignoir que la femme m’a si gentiment déposé. Ils font tout pour me mettre à l’aise bien que je fasse preuve d’une certaine réserve. — Venez vous asseoir, Lydie ! — Oh, mon chéri, pourquoi tant de formalisme ? Je suis sûre que Lydie est d’accord pour que nous oubliions tous le vouvoiement. — Oui ! Oui bien entendu. Je tiens à vous redire combien je suis touchée par votre geste… bien que je ne sache pas pourquoi vous faites ça pour moi. — Faut-il que tout toujours soit ...
... expliqué ? J’ai eu envie de te connaître mieux et puis… nous savons que tu viens souvent devant chez nous. Ce que je conçois plus facilement désormais puisque je sais que tu as habité dans cet appartement. — C’est d’ici que je me suis retrouvé à la rue. Une séparation compliquée, le chômage, et puis tout a basculé très vite. Mais si tu as toi aussi subi la précarité, je ne t’apprends rien. — Disons que sans mon Gérald, je serais sans aucun doute encore à vendre mon corps pour une dose de came. Un équilibre bienveillant qu’il a su me rendre. Nous aimerions t’aider. Ce serait un juste retour des choses. Il m’a sorti de ma misère et je veux te tendre la main. Mais pour cela, tu dois aussi le vouloir. Ça ne peut se faire sans ton approbation. Je me tais. Un verre m’est servi par le garçon qui me couve des yeux. Presque un peu gênant son regard. J’y vois le mal ? Une certaine méfiance, dirais-je alors. Je ne sais toujours pas ce que me veulent ces deux-là. Et dans ce silence qui flotte dans la pièce, j’ai la nette impression que mon estomac fait d’immondes gargouillis. Ce n’est absolument pas discret, à tel point que Virginie m’invite à manger quelques rondelles d’un saucisson que son chéri a découpé pour l’apéro. De la cochonnaille… une paille que je n’en ai pas seulement humée de loin. Là, elle est sous mon nez, tentante, appétissante au possible. Et j’opte pour en attraper une tranche que je m’empresse de savourer. Est-ce le bon vocable tant j’ai faim ? Drôle, ensuite, comme ...