1. Invisible


    Datte: 01/04/2024, Catégories: ff, inconnu, rencontre, Auteur: Jane Does, Source: Revebebe

    La lumière ! Comme un papillon, je suis attirée par la lumière. Accrochée aux grilles de la maison, je regarde de loin le rectangle jaune dans lequel se découpe une silhouette. C’est furtif, fugace et puis les rideaux se tirent et me voici de nouveau plongée dans mon univers froid, laid, celui que je connais depuis…
    
    Le temps aujourd’hui n’est plus tout à fait le même que celui d’hier.
    
    — xxXXxx —
    
    Hier…
    
    Hier… c’est si loin ! Hier, moi aussi j’avais de la lumière et puis les ténèbres sont arrivées. Elles ont pris la forme d’une robe noire, d’un banc où je me suis retrouvée accusée… oui, coupable ! De quoi ? De vivre dans cette société où seul compte l’argent. Le sacro-saint Dieu fric. Alors, la robe sombre a tranché.
    
    « Lydie M… vous êtes condamnée à être expulsée si vous ne payez pas votre loyer ! Vous avez trente jours pour régler votre dette ! »
    
    Ma dette ? Comment lui expliquer ? Mon copain s’est tiré un beau matin du dernier printemps, avec une plus jeune, une plus belle, et à mon boulot… rien ne va. Alors je suis dans la charrette des licenciements. Reste à faire des tas de papiers pour espérer toucher quelques sous pour ce chômage imposé par des plus riches. Pour qu’eux continuent à gagner encore plus de ce foutu pognon. Et l’engrenage infernal qui se met en route.
    
    Je ne bouffe plus, enfin, pas tous les jours. Et un autre ange me tombe dessus. Un type endimanché, costard cravate. Il fait le tour des quatre meubles qui sont dans chaque pièce de ce toit ...
    ... qui me tient pourtant au chaud. Oh ! C’est rapide. Seule face à l’huissier qui me remet un papier bleu, je sens venir le moment où… et c’est là ! Ils sont combien ? Des policiers, le même type en costume, un serrurier… pour alourdir encore une facture déjà bien étoffée.
    
    « Madame M ! Vous devez quitter cet endroit. Votre bailleur vous réclame… »
    
    La somme me paraît exorbitante. Bien entendu, s’ajoutent à celle-ci les émoluments de l’huissier, la facture du serrurier… et je ne suis toujours pas parvenue à constituer un dossier correct pour une aide de l’état. Alors, il pleut ce matin, sur le trottoir où je regarde, un à un, monter dans un camion les morceaux d’une vie heureuse. Celle d’un temps qui ne reviendra plus. Il pleut sur mon existence, et mes yeux sont secs.
    
    Plus de larmes pour exprimer le dégoût de cette société qui me met à la rue. Je garde contre moi, précieux trésor, un sac avec quelques vêtements. Dérisoire rempart contre la misère morale, que celui d’imaginer que je vais me faire belle de temps en temps. Et ce que l’homme de loi n’a pas emporté est là, planté sur ce bout de bitume où je suis tétanisée. Vers qui me tourner ? Sans famille, sans soutien, il me faut marcher. Mais dans quel sens ? Où que j’aille, quel que soit l’endroit où je dirige mes pas, c’est le grand désert.
    
    — xxXXxx —
    
    Aujourd’hui…
    
    C’est le présent ! La pluie, qui succède au soleil, le temps pourri qui me colle à la peau. Je me terre dans des endroits infâmes, déchet de ce monde ...
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