1. Avril maudit... Avril béni.


    Datte: 22/02/2024, Catégories: fh, init, aventure, fantastiqu, Auteur: Iovan, Source: Revebebe

    ... sûrement avoir autre chose à faire…
    
    Je me laissai aller à une vie de sybarite, et avais tout loisir pour observer mon entourage. Sans montrer que je m’y intéressais ou l’avais seulement remarqué, je voyais que le rideau de la fenêtre du pignon s’écartait souvent et que ma belle voisine venait me rendre, derrière sa croisée, de fréquentes et discrètes visites.
    
    Et c’était un enchantement que de la savoir, là, tout près de moi… je ne cessais de penser à elle, son image me poursuivait, obsédante.
    
    Complètement reposé, je ne pouvais rester inactif plus longtemps, et me mis à fureter dans le jardin, et tout en veillant à ne « pas rien déranger » me mis à l’ouvrage… en quelques jours Mrs Jellicoe avait un jardin qui fit son admiration.
    
    Alors que je cassai du bois, torse nu, près de l’appentis, et que je me savais observé, ma bonne grincheuse de logeuse vint me voir, m’apportant – luxe incroyable – une tasse de café. J’avais dû en boire en tout, deux tasses de toute ma vie…
    
    — Tiens, mon gars… tu l’as bien méritée… T’es bien gentil de me faire tout ça… !
    — Merci, Madame… J’aime bien et ça vous rend service… Alors ! Madame Jellicoe, demain, le bois sera fini… Et, j’irai à la chasse…
    — Tu sais… J’ai ma jeune voisine, là, Miss Fenton-Donahue… une grosse fortune, pis une bien gentille personne…
    — Et une très belle femme…
    — Ah ! t’as remarqué, ça, hein toi… ! Pas aussi belle que moi, mais…
    
    Elle eut un petit rire de crécelle…
    
    — Ben, elle voudrait bien que tu lui ...
    ... fasses son jardin, pareil.
    
    Je n’en croyais pas mes oreilles.
    
    — Mais, certainement Mrs Jellicoe… je… je serai ravi de le faire… quand veut-elle que je commence ?
    — Ben, j’en sais rien, moi ! … Comment que tu veux que je le sais… ça, tu t’arrangeras avec elle… c’est pas mes oignons… ! Elle m’a demandé, je te le dis, pis voilà !
    
    Et elle me planta là, avec la brusquerie que je lui connaissais maintenant.
    
    J’étais aux anges, la belle inconnue sollicitait mon aide… j’allais la connaître, j’allais pouvoir l’approcher… c’était inespéré !
    
    Miss Fenton-Donahue… !
    
    Le lendemain, j’allai à la chasse. J’emmenai le Sharps, mais mon intention était de chasser à la fronde… je voulais économiser mes cartouches.
    
    Au soir, je revins avec un brocard d’un an… Évidemment, je ne l’avais pas eu à la fronde, mais je fis cependant preuve d’efficacité : une cible, une balle. J’avais aussi trouvé quantité de morilles… le régal de ma Maureen.
    
    J’offris le gibier à ma bonne vieille Mrs Jellicoe qui n’en pouvait plus de remerciements, ainsi que quelques morilles, qu’elle refusa. Je prélevai un cuissot que j’apportai, ainsi que les morilles, chez la belle Miss Fenton-Donahue…
    
    Le cœur battant, je frappai, et la lourde porte de bois verni s’ouvrit sur le plus exquis des visages qu’on puisse imaginer, éclairé par un beau sourire tranquille et assuré…
    
    — Bonsoir Madame… je viens vous voir… Madame Jellicoe m’a parlé de… que vous…
    
    Sa vue me paralysait… elle vit mon embarras.
    
    — Bonsoir, ...
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