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Avril maudit... Avril béni.
Datte: 22/02/2024, Catégories: fh, init, aventure, fantastiqu, Auteur: Iovan, Source: Revebebe
Résumé de l’épisode précédent : La mort dans l’âme, je quitte Ma, et m’engage dans l’Armée Confédérée, pour partir à la guerre. J’arrivai à Afton vers midi, ce vingt-deux février… j’avais quitté Ma, le cœur alourdi d’une culpabilité que je ne parvenais pas à chasser, et avoir croisé ce salaud de Pop en partant ne l’avait en rien soulagée, bien au contraire. C’est en pensant à ma sœur chérie que je passai le portail, laissant derrière moi, toutes ces années, qui, avant qu’elle ne m’abandonne, me revenaient si légères, si pleines de sève, de joie, de sang et de vie… comme nous avions été heureux, malgré tout, tous les deux… ! J’avais voulu m’attarder sur le beau chemin, si souvent parcouru, le chemin de l’école… elle était là, avec moi… et je me surpris à sourire, retrouvant l’endroit où je tuai ce dindon, d’un coup de fronde. Nous l’avions caché pour le reprendre au retour, espérant le rapporter à la maison… Bouffé par un renard ! La déception passée, nous en avions ri aux larmes. Je me souvenais de ces moments où je pouvais lui dire, et je ne m’en privais pas, tout ce qui me passait par la tête, où je la faisais rire de ce joli rire en cascade, à jamais effacé. Tout au long du chemin, elle fut avec moi. Je m’arrêtais souvent pour encore regarder ce que nous regardions, ensemble… et lui parler, parfois… Je quittais le cœur lourd, cette lisière de forêt, laissant derrière moi les images de ce qui était déjà un là-bas… déjà un avant. L’après-midi même, je ...
... faisais partie de l’armée du Sud. Je devais rejoindre le centre de regroupement pour notre comté, Johnson City, où après de longues et fastidieuses journées de formalités et d’attente, nous reçûmes l’ordre de marcher sur Clarksville distante de 300 miles que nous couvrîmes à marche forcée en deux semaines. Nous y entrions le jour du printemps 1861. La population avait été prévenue que ceux qui possédaient un jardin, un bout de terrain quelconque, seraient tenus d’y accueillir au moins un soldat sous tente. Le capitaine Sommers, avec lequel je devais faire toute la guerre, me donna l’ordre de me présenter aux propriétaires d’une petite maison blanche à l’entrée de la ville. — Byrne ! Toi, tu es ici ! Tu te présentes, d’accord ? Poli et tout… Tu te souviens que dans le Sud, nous sommes des gentlemen, pas comme ces salauds de Yankees ! Informe les propriétaires que je viendrai me présenter demain dans la journée. — À vos ordres, mon Capitaine ! Je regardai la colonne s’éloigner, les hommes traînant le pas, harassés par cette marche forcée de plus de deux semaines. Après avoir traversé le petit jardin, je m’approchai de la porte d’entrée, j’enlevai mon vieux chapeau – Tireur d’élite, j’étais dispensé du port de l’uniforme – relevai ma mèche, dans un geste machinal, et frappai à la porte. Celle-ci s’ouvrit, sur une vieille femme maigre, à l’air revêche. — Je vous ai bien vu arriver, mais j’ai voulu vous laisser le temps… Bon, alors c’est vous ? — Oui, ...