1. Avril maudit... Avril béni.


    Datte: 22/02/2024, Catégories: fh, init, aventure, fantastiqu, Auteur: Iovan, Source: Revebebe

    ... bonsoir Madame. Je m’appelle Byrne, Sean Byrne, et mon Capitaine, le capitaine Sommers, m’a désigné votre maison. Il m’a dit qu’il viendrait se présenter à vous demain… Voilà, j’espère que je ne vous gênerai pas trop… je vais me faire tout petit !
    
    Elle me lança, avec un petit rire grinçant :
    
    — Avec votre carrure, ça va pas être simple… Bon… installez-vous dans le jardin de derrière, et tâchez de pas rien déranger !
    — Entendu… Merci, Madame… Bonsoir.
    — C’est ça, bonsoir !
    
    Elle referma sa porte… L’accueil était frais, mais il était vrai que nous mettions un fichu bazar. Je tournai l’angle de la maison, et me retrouvai dans un petit jardin, un peu fouillis, agréable. Sur le côté se trouvait un appentis, je n’avais pas trop de place pour installer ma tente, et il fallait « pas rien déranger »… je choisis de l’installer là, près de l’appentis, presque contre le mur de la maison voisine, ce qui m’abriterait des vents d’est.
    
    À plusieurs reprises, alors que j’installai mon bivouac, j’eus la sensation d’être observé. En chasseur que j’étais, mes sens, même quand je ne prêtais pas particulièrement attention, étaient constamment en éveil, et il m’avait bien semblé percevoir un mouvement, plusieurs fois, sans que j’identifie précisément sa location.
    
    Je fis ce que je faisais quand j’étais à la chasse, je m’immobilisai, aux aguets. Très vite, j’eus la confirmation que mes sens ne m’avaient pas abusé, par intermittences, le rideau de la fenêtre, à l’étage de la maison ...
    ... voisine, bougeait.
    
    J’entrai sous la tente, et me mis en embuscade. Il me fallait attendre, provoquer l’impatience, mais pas trop… au bout de quelques minutes, je jetai un œil sur la croisée, là-haut.
    
    Une femme !
    
    Le temps d’un coup d’œil furtif et je me rejetai en arrière… alors que c’était moi qui étais épié, j’eus conscience que c’était mon regard qui eut été indécent, si elle avait dû le croiser…
    
    Dieu, qu’elle était belle !
    
    Des boucles brunes, floues, s’échappaient d’un lourd chignon, encadrant le beau visage, aux contours délicats, aux traits fins, dans lequel brillaient des yeux de biche, elle avait de gracieux sourcils, qui s’arquaient sous le haut front pur, un joli nez mutin surmontait la belle bouche pleine, aux lèvres délicieusement ourlées.
    
    En une fraction de seconde, la beauté de ce visage s’était imprimée, dans ma mémoire. Je restais ébahi…
    
    Quand je risquai, à nouveau un œil, vers le haut du pignon… le beau mirage s’était évanoui.
    
    Ce soir-là, pour la première fois depuis bien longtemps, je m’endormis avec une autre image en tête, que celle du visage de ma Maureen chérie…
    
    Je m’étais installé, me vautrant avec délices, dans une tranquillité et un calme qui me reposaient des longues journées de marche de ces dernières semaines et profitai un temps, du luxe d’une oisiveté que je n’avais jamais connue.
    
    Ainsi qu’il l’avait dit, Sommers était passé se présenter à Mrs Jellicoe, ainsi se nommait ma logeuse, mais n’était pas venu me voir, il devait ...
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