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Artiste… Mon cul, oui ! – II
Datte: 17/02/2024, Catégories: fh, nonéro, confession, rencontre, Auteur: Enzoric, Source: Revebebe
... Pourquoi tu dis ça ? — Bah… t’es encore en deuil ! — Marguerite, pardon si je te blesse, mais je crois que je le serai toujours un peu. Tu sais, quand on a connu un amour pareil, ça ne s’oublie pas. Même avec le temps. T’as déjà été folle amoureuse, toi ? — À en crever ? Oui. Même si je suis née ici, j’ai pas mal bourlingué ma bosse, moi aussi. Et si j’suis revenue au pays, c’est un peu comme pour toi. Pour… essayer de passer à autre chose. — Et… t’as réussi ? — Pas complètement. J’y pense moins. De moins en moins, mais parfois, ça revient sans prévenir. Suffit d’une parole, d’un objet, d’une photo ou d’une odeur et ça refait surface. Pas que c’est moins douloureux, mais avec le temps, avec le recul, j’arrive à presque faire avec. Enfin, sans plus chialer pendant des jours comme une madeleine. — C’était y’a longtemps ? — Presque six ans. ooOoo On a baisé comme des fous furieux. Comme deux êtres en manque d’amour. On n’était pas sans expériences, loin de là, mais après avoir tâtonné, c’était comme une évidence. Parler était inutile, se voir encore plus. On ne se cherchait pas. Plus. On se trouvait, se découvrait. Que ce soit de nos doigts, de nos bouches ou de nos sexes, nos caresses, nos succions et nos ébats en disaient bien plus sur l’autre qu’un long discours. Elle n’est jamais redescendue seule au village, et depuis bientôt deux ans, on vit en reclus. On se suffit à nous-mêmes, se ravitaillant quand le strict nécessaire vient à manquer. Même lorsqu’elle ...
... a accouché, ce fut chez nous. Chez nous, oui, car elle a su faire du petit lopin de terre où dort paisiblement la première femme que j’ai aimée un petit paradis sur terre. Quant à notre maison, l’air de rien, elle a réussi à en faire un chez nous qui nous ressemble. On s’entend si bien qu’on est en accord sur tout. Hormis une fois, notre amour n’a jamais été entaché du moindre accroc. Cet unique pétage de plomb, ce fut lorsqu’elle est revenue rayonnante de gourmandise avec un panier rempli de champignons. D’un triste souvenir encore très présent, ma langue n’a pas tournicoté autour du pot. — Mais t’es tarée ou quoi ? Tu veux crever toi aussi, ai-je hurlé ? Je lui ai arraché le panier des mains et l’ai jeté au feu. — Je t’interdis, t’entends ! Tu veux finir comme elle, gueulai-je en lui montrant la tombe ? — Pardon, je savais pas, m’a-t-elle répondu les yeux brillants devant la tombe. En courant, je l’ai emmenée jusqu’au ruisseau où je l’ai savonnée de la tête aux pieds durant près d’une demi-heure. Elle grelottait de froid, mais elle m’a laissée la laver sans rien dire. Depuis, elle n’a plus mangé le moindre champignon. Se peut-il que deux tragédies s’annulent ? J’ai la certitude que oui. Même si parfois elle ou moi repensons au passé, elle et moi pensons, savons aujourd’hui que si le temps n’efface pas tout, l’avenir appartient à qui se le construit ou se le reconstruit. Quand bien même, est-ce sur les cendres de deux peines, pour elle d’un abandon et ...