-
Artiste… Mon cul, oui ! – II
Datte: 17/02/2024, Catégories: fh, nonéro, confession, rencontre, Auteur: Enzoric, Source: Revebebe
... il a plus que bouillu. Infect qu’il était. Mais putain, que c’était bon ! On a très peu parlé, mais durant deux heures, on s’en est dit plus que n’importe qui. — C’est bizarre, j’ai l’impression que t’es plus la Marguerite que j’ai connue. — Peut-être parce que tu ne m’as jamais vraiment connue, me répondit-elle. — Peut-être, mais t’as changé je trouve. — En bien ou en mal ? — En… une autre. Ou en ce que t’es vraiment. — Ha ! Pourtant je suis la même. Enfin, je crois. — Change rien, t’es parfaite quand t’es toi. — Merci, mais va falloir que j’y aille. — Non, reste ! Pardon, c’est sorti sans que je ne tournicote ma langue avant de causer. Après un long fou rire, après avoir déliré jusqu’aux larmes, il faisait nuit. — Je sais bien que tu connais la forêt comme ta poche, mais il fait noir dehors, alors, un peu plus un peu moins ça change pas grand-chose. J’ai pas grand-chose, mais… — OK. Mais c’est l’boulot d’une femme, alors c’est moi qu’y fait la popote. C’était bizarre. Pas qu’elle nous fasse un dîner cinq étoiles, mais de la regarder œuvrer. Comme si elle était chez elle, elle nous a concocté un repas comme rarement j’en avais mangé. Tout était succulent. Même le rouge qui tache était devenu un grand cru. — Ta mère, elle m’a dit un godet après chaque repas, alors, t’en es ? On s’en est torché quatre. Et quatre, en temps normal c’est deux de trop. Pour autant, j’aurais avalé la bouteille juste pour qu’elle reste encore un peu. — Pas que ...
... j’m’ennuie, mais faut vraiment que j’y aille. — Pourquoi ? T’es attendue ? — Non, mais ça va causer en bas si… J’ai attendu une fin de phrase qui n’est jamais sortie. — Si tu… Elle a attendu une fin de phrase qui n’est jamais sortie. — Bon, on fait comment vu qu’y a qu’un pieu ? — Et que je dors toujours à poil, rétorquai-je du tac au tac. — Comme moi. Dans un noir total, on s’est couché. On se savait nus, et on était comme deux cons droits comme des i. Aucun n’osait bouger. C’est à peine si on osait respirer. — Bon, bah… bonne nuit. — Bonne nuit, Marguerite. Et pardon si je ronfle, mais quand j’ai bu un coup j’en écrase sec. — T’inquiète, quand j’dors j’y suis sourde comme un pot. Ce fut l’ultime phrase de trop. Je me suis tourné et, avant même de la chercher, j’avais sa bouche contre mes lèvres. Un baiser, c’est plus qu’un préliminaire. Surtout quand c’est le premier. Même si pour nous c’était le second, c’était comme si c’était le premier, alors on l’a fait durer. Pas fougueux, pas gauche, pas urgent ou baveux, mais comme une promesse, on s’est bécoté, on s’est inhalé, on s’est découvert de souffles, de salives, d’attentes. — Pardon, mais… — Ta femme. Je comprendrais, tu sais si… On est resté un long moment à attendre. Quoi ? Je l’ignore, mais le temps semblait comme suspendu. À une parole, à un geste, à un je ne sais quoi qui débloque la situation. — J’aurais pas dû rester. J’crois que c’est encore trop tôt, chuchota-t-elle enfin. — ...