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Artiste… Mon cul, oui ! – II
Datte: 17/02/2024, Catégories: fh, nonéro, confession, rencontre, Auteur: Enzoric, Source: Revebebe
Résumé de l'épisode précédent : Ils se sont aimés, à la folie, à ne pas pouvoir vivre l’un sans l’autre. Mais la vie a fait que… ou fait que… Artiste, moi ! Mon cul, oui ! — Oh ! Réveil ! Tant bien que mal, j’ai ouvert un œil. — Qu’est-ce que tu fous là, toi ? — Qu’est-ce que j’fous là ? Ça fait des mois qu’on vous a pas vu ! Pis, c’est l’hiver, quoi ! Elle disait vrai. Depuis que j’avais enterré mon épouse à deux pas de notre maison, depuis que je la pleurais sans discontinuer, je n’étais pas descendu au village. Je vivais sur nos réserves. Enfin, les miennes depuis que je périclitais, seul. — Vindiou, la tronche ! S’cusez, mais… z’avez vu votre tronche ? — Quoi ? Elle a quoi, ma tronche ? Si elle te débecte tant, t’avais qu’à pas monter ! J’demande rien qu’être tranquille, peinard, moi ! — Pour être tranquille, c’est pépère ici. Mais p’tain ! on flippe nous ! — Nous ! C’est qui nous ? — Bah… J’ai attendu, longtemps, mais rien n’est sorti de sa bouche. Elle était mal à l’aise, et moi pas mieux. — Bon, puisque t’es là, café ? lui demandai-je. — Ouais, z’en avez bien besoin. Elle, c’est la fille de l’épicière du village d’en bas. Si je l’ai croisée trois fois, c’est le bout du monde, mais, j’ignore pourquoi, d’emblée, je l’ai reconnue. Pourtant je ne suis pas physionomiste. — Euh… pas que ça me gêne, mais j’dors toujours à poil. Elle s’est retournée et a attendu que je passe devant elle avant de me suivre. Tant bien que mal, j’ai mis ...
... de l’eau à chauffer. Je ne la savais pas loin, à m’observer, et cette présence me rendait tout chose. — J’espère que t’aimes le jus de chaussette parce que j’ai plus grand-chose en stock. — Bien corsé et bien chaud. T’nez. Pas le temps de me retourner qu’elle était collée contre mon dos. — T’as tout prévu à c’que je vois. — Ouais. Même la miche. J’ai regardé la boule de pain atterrir, glisser et stopper par miracle au bord de l’évier regorgeant de plusieurs semaines de vaisselle. — Cool, et t’as monté du sucre ? Enfin, si tu sucres, parce que… — Hé ! J’suis pas une mule, non plus ! — Pardon, je voulais pas… — C’est bon, c’est pour rire. Mais les croissants, j’ai. C’est pas lourd, ça. Enfin, pas pour le dos, parce que pour l’estomac, bonjour ! C’est d’chez la Germaine, et la Germaine, l’beurre elle y va pas avec le dos d’la cuillère. Elle m’a dit que d’hab, enfin, quand vous… bah… j’ai pris pareil, quoi ! Elle parlait, ou plutôt criait la bouche à quelques centimètres de mon oreille comme tous les villageois d’en bas disent causer et pas gueuler. Mais ce n’était pas ça qui me hérissait les poils. — C’est… touchant. Merci, ne sus-je que dire d’autre. D’un pas chassé, je me suis déplacé afin de laver deux bols, mais telle une anguille, elle m’a devancé. — C’est l’boulot d’une… pardon. Des fois j’dis de d’ces conneries, moi ! Je la sentais gênée, alors je l’ai rassurée. — T’inquiète ! On s’est assis et on est restés comme deux cons à ne pas ...