1. Artiste… Mon cul, oui ! – II


    Datte: 17/02/2024, Catégories: fh, nonéro, confession, rencontre, Auteur: Enzoric, Source: Revebebe

    ... j’aurais été noyé par tant de chiffres, elle a tout calculé de tête.
    
    — Ké qu’y veut qu’j’en foute de ça ? T’y crois quand même pas que j’va engraisser l’Roger.
    — Roger, répétai-je ?
    — L’banquier. S’rait un cochon qu’on l’aurait déjà mangé d’puis longtemps tel’ment qu’il est gros, l’Roger.
    — Heu… je vais vous faire…
    — Y’s’ croit où lui ? À la grand ville ! Remballe z’y don c’bout d’papier et tope-là, comme disent les jeunes. Mais j’t’y prévins qu’si tu t’barres sans régler la note, j’te retrouve et j’te coupe les couilles avant d’les faire rôtir. MARGUERITE, hurla-t-elle.
    
    Marguerite…
    
    ooOoo
    
    La mule, c’est moi qui l’ai chargée. Seul. La montagne, je l’ai montée en la tirant, cette satanée mule. Seul. Ensuite, je l’ai déchargée, cette têtue de mule qui n’avait pas voulu avancer. Seul. Ce n’est qu’après avoir déposé le dernier cabas que je me suis vraiment retrouvé seul. La mule avait pris la poudre d’escampette.
    
    J’ai flippé ma race comme jamais ! Je n’osais même pas imaginer la vieille face à moi :
    
    — Pas Diou possible ! L’est plus con qu’une mule ou l’est plus con qu’une corde ? Y sait pas faire un nœud d’ses doigts qui peinturentze star ?
    
    Je n’ai jamais couru aussi vite de ma vie. Quand je l’ai rattrapée à cinq cents mètres de ma maison, j’étais tellement content que je l’ai embrassée.
    
    OK, une mule ça pue grave. Mais bon, j’étais tellement rassuré que j’en ai pleuré de joie. De joie, ça ne le fut pas de lui faire faire demi-tour à cette conne de ...
    ... bourrique. J’ai tout essayé : les menaces, la promesse d’avoir une carotte si elle daignait vouloir rebrousser chemin, mais rien à faire. Elle était ancrée au sol, et moi, tel un crétin qui tente de bouger un poids plus lourd que lui, je tirais en vain.
    
    — Pas comme ça qu’elle va avancer.
    — Bonjour Marguerite. J’suis content de te voir.
    — Donne.
    
    Les cinq cents mètres, on les a remontés en silence. Et d’une traite, surtout.
    
    — Je te dois une fière chandelle. Sans toi je ne sais pas comment j’aurais fait. Et j’imagine même pas comment j’aurais annoncé à ta mère…
    — Vaut mieux pas, c’est clair.
    — Je… je t’offre un truc à boire ?
    — J’dis pas non. Mais avant y’en a une qui doit crever la soif.
    
    Avant que je ne réagisse, elle avait déjà déposé un seau devant la mule.
    
    — Bon, le pinard, c’est pas mon truc, mais un café, j’veux bien, me fit-elle enfin réagir.
    
    Me voyant encore en arrêt total, elle m’a devancé. C’est elle aussi qui a mis l’eau à chauffer. Debout devant la porte, je l’ai regardée. Elle me rappelait quelqu’un de cher. De très cher, même.
    
    — Pardon, j’aurais pas dû.
    — Au contraire, dis-je en sortant de mes souvenirs. T’as bien fait, et j’espère que t’as monté du sucre.
    
    On a éclaté de rire. Putain que ça m’a fait du bien !
    
    Comme la première fois, on s’est assis et on s’est jeté quelques œillades à la dérobée.
    
    — Bien chaud et corsé, mais pas bouillu. C’est ça, lui demandai-je ?
    — Oui, pac’que café bouillu, café foutu, comme dit l’vieux.
    
    Le café, ...
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