-
Artiste… Mon cul, oui ! – II
Datte: 17/02/2024, Catégories: fh, nonéro, confession, rencontre, Auteur: Enzoric, Source: Revebebe
... pas. ooOoo C’était trop tôt, ou trop tard, ou simplement pas le bon moment, alors je suis parti. Loin, sans laisser d’adresse. À qui en aurai-je donné une, d’ailleurs ! Je ne me sentais pas de descendre au village, alors j’ai dévalé la montagne par l’autre flanc. Ce versant-là, pour l’avoir exploré avec mon épouse avant que l’on pose notre valise de souvenirs au sommet, je la connaissais pourtant. Mais… c’était plus pareil. Ce qui jadis nous avait emballés me foutait le bourdon. Pas que l’Alsace ne soit pas jolie, au contraire ! mais je n’avais plus le cœur assez vivant pour apprécier la vie. Quelle qu’elle soit. Je suis retourné à Paris. Rien à voir avec tout ce que j’avais vécu depuis que j’avais quitté mon quartier. La capitale, c’est peut-être une des plus belles du monde pour les touristes, mais pour qui y habite, c’est triste. Et surtout, pour un ex-résident comme moi, elle n’avait plus rien à m’offrir. J’y suis resté six mois avant que toute cette grisaille, cette pollution, cet empressement qu’ont les gens à courir plutôt que marcher ont fait que je me sente contraint de partir avant de réellement mourir. Non plus de chagrin, mais de pollution. Mon pécule avait un peu fondu, pour autant je n’étais pas sur la paille, alors j’ai refait un tour de France. Ce fut encore plus trisvilleste de voyager seul qu’être seul à pleurer en haut d’une montagne. Après deux mois à passer de région en région, une évidence me sauta aux yeux. — Bonjour. — ...
... Nondidiou ! L’est perdu ou revenu d’l’au-delà chui-là ? Bâ non voyons, y vin juste s’décrasser l’pif d’un ch’tiot bol d’air bin frais et pis bye, à la prochaine ! La différence entre la campagne et la ville est que tant les gens peuvent être indifférents les uns envers les autres sur le ciment, tant ils sont francs et sans filtres à la montagne. Et plutôt que de m’énerver, ça me fit sourire. — Et y rigole ! Y’r’vin comme si d’rien n’était après s’être barré comme un voleur, et y rigole ! — Pardon, j’avais besoin de faire le point sur ma vie. Sur la vie, dis-je en baissant les yeux. — Et prévenir ? Pouvait pas prévenir,ze star ? On l’a cherché pendant quate jours nous ! — Je… je pensais pas que… — Bin les gars d’la ville, ça ! Ça cause bin, ça écrit bin, mais sortit d’ça, c’est aussi couillon qu’un bourricot ! Bon, l’est pas v’nu pou’ faire causette, alors y veut quoi, l’parigot ? Contrairement à ma dernière venue, la tenancière n’était pas décidée à me donner le moindre coup de main. Alors j’ai moi-même empilé sur le comptoir provisions et nécessaires de toilette ou de ménage pour un régiment. Elle m’a regardé faire sans ouvrir la bouche, jusqu’à ce que je me plante face à elle. — Hé ! bin ! L’a invité tous ces potes pou’ une beuv’rie au grand air,ze star, ou quoi ? — Non, je rentre chez moi. Seul. D’ailleurs, je pourrais emprunter votre mule ? — Bin ! voyons ! Manque pas d’air, lui ! En marge d’une page de journal, elle a noté chaque prix puis, alors que ...