1. Les disparus de l'Alcyon


    Datte: 10/02/2024, Catégories: froid, cinéma, bateau, nonéro, historique, policier, historiqu, aventure, Auteur: Melle Mélina, Source: Revebebe

    ... pont. Même le chien, Pacha, aboyait, s’invitant à l’excitation qui s’emparait de tout ce beau monde. Le rôle de Pacha serait de se jeter à l’eau afin de récupérer les morues retombées à la mer.
    
    En attendant, le second donna à Antoine le soin de préparer du café, du café avec du rhum. Les marins-pêcheurs occupèrent leur poste avec leur équipement : une ligne de chanvre, un panier pour ranger les lignes au cas où il faudrait augmenter la longueur de la première, des plombs, des hameçons, des tiges de fer.
    
    Enn Padichâh, l’Indien, auprès duquel le mousse s’était rapproché, expliquait qu’à chaque prise on sectionnerait la langue du cabillaud attrapé pour ensuite pouvoir la déguster.
    
    — C’est très bon, tu verras, petit !
    
    Il continua son rôle d’apprenant au jeune Antoine…
    
    — Tu vois, on se met face au vent, les uns à côté des autres. On fait attention à ce que notre ligne soit bien verticale et qu’elle ne se mêle pas aux autres lignes. La goélette doit bouger le moins possible. C’est le rôle du timonier de la stabiliser. Il y a deux hameçons au bout de la ligne avec deux brins d’étoffe rouge sur chacun d’eux en guise d’appât !
    
    Quelques minutes plus tard, la pêche commença. Le labeur était éreintant, pas une minute de répit. On halait les poissons à bord en les soulevant pour les balancer ensuite sur le pont. Ils gisaient sur le plancher souillé. Accrochées aux hameçons, les bêtes devaient être promptement détachées pour être jetées dans l’un des deux parcs aménagés ...
    ... sur le pont, l’un côté misaine, l’autre côté grand mât. La mer frémissait toujours, bouillonnait. On sentait confusément le remue-ménage des cabillauds rassemblés en bande.
    
    Ces poissons étaient en migration et avaient besoin de se nourrir pour rejoindre les eaux froides septentrionales jusqu’au Groenland. Ils montaient, descendaient, ils viraient, tournoyaient. Cette pêche dura trois jours, sans interruption. Les équipes se succédaient par quart. Ceux ayant terminé leur besogne dormaient trois ou quatre heures avant de repartir à la tâche, par roulement avec leurs autres compagnons.
    
    Tout se passait bien malgré les difficultés inhérentes au métier : le froid, la douleur, la fatigue. Puis un incident survint au soir du troisième jour, alors que la nuit commençait à tomber. On allait d’ailleurs s’apprêter à préparer les hameçons pour le lendemain lorsque le marin François Becuwe pesta :
    
    — Pas possible de relever cette dernière ligne ! Punaise, je dois avoir ferré un Léviathan ! Qu’on m’amène une gaffe ! Le mousse, va chercher l’Indien, j’ai pas assez de force !
    
    Lorsque ce dernier arriva, François et Enn hissèrent en ahanant tant la prise semblait énorme ! Encore un effort, avant de distinguer dans la pénombre naissante l’hameçon de retour en surface. On ne voit pas trop ce qui pend et traîne désormais flanqué le long de la coque.
    
    Un paquet ! Rien de vivant ! Un paquet de vêtements ? Un gros sac ?
    
    — Ce n’est pas un cabillaud, c’est un cadavre !
    
    On remonta le ...
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