1. Les disparus de l'Alcyon


    Datte: 10/02/2024, Catégories: froid, cinéma, bateau, nonéro, historique, policier, historiqu, aventure, Auteur: Melle Mélina, Source: Revebebe

    ... corps de James Maeters.
    
    La nuit était tombée, implacable. Les fanaux placés à la vergue de misaine laissaient poindre une lueur vacillante. La moitié de l’équipage était à genoux tandis que le capitaine était penché sur le corps et retirait le couteau enfoncé dans l’abdomen du marin.
    
    Les esprits s’échauffaient et des discussions commençaient à devenir accusations. On montrait du doigt Gérard Vanhille, le marin qui restait à part et qui ne souhaitait entretenir aucun lien d’amitié avec les autres. Le désigner comme coupable de ce crime était évident pour l’équipage. Minos dut intervenir et décida de veiller sur le corps. Le lendemain, on aviserait de la suite des évènements.
    
    Gérard Vanhille se porta volontaire pour veiller sur le corps, sans doute essayait-il par ce biais d’attirer un peu de sympathie. Tous allèrent dans leur cabine non sans se poser des questions bien légitimes :
    
    Seul Antoine, le mousse, n’avait pas fini sa journée. Il devait effacer le mort de sa tête et se remettre au plus vite au boulot. Le garçon passerait la nuit à nettoyer le pont de la goélette. Les poissons gisaient partout, ils glissaient et se heurtaient aux garde-corps. Le roulis, même léger, faisait se promener ceux des cabillauds qui n’avaient pas été amoncelés dans les parcs. Partout des éclaboussures mêlées à l’eau de mer et au mucus. Au fil des heures, le pont était devenu gluant, imprégné du sang des morues dont on avait tranché la tête.
    
    Gérard, resté seul sur le pont en ...
    ... compagnie de l’enfant et du défunt, regardait Antoine essorer la serpillière qu’on appelait une wassingue et souriait, attendri, de voir le manque de force dans les bras de ce petit mousse bien trop fluet pour une telle campagne.
    
    Il était tout à ses pensées bien noires :
    
    — Comment un couteau a-t-il pu se retrouver planté dans le ventre de James ? C’est forcément quelqu’un qui l’y a mis ! Et cet autre marin qui manque à l’appel, Alban… Que se passe-t-il sur ce rafiot ?
    
    Puis son esprit fut distrait lorsqu’il entrevit un sourire sur les lèvres d’Antoine.
    
    Dans la cabine, les marins ne parlaient que de cette mort, on parlait déjà de meurtre et on s’accusait les uns les autres, oubliant le caractère ombrageux de Gérard. Tous avaient constaté qu’il s’agissait d’un couteau de marin : un Kroepme.
    
    Et les discussions allaient bon train :
    
    — Il est où ton couteau ?
    — Je suis le saleur, je n’ai pas de Kroepmes, se défendait Bruno Baert.
    — On a tous un couteau, saleur ou pas ! Moi, je dis que quelqu’un n’a forcément plus le sien puisqu’il l’a utilisé pour tuer James, déclara Julien.
    — T’as raison ! approuva en brandissant son couteau Albert Dranke, le tonnelier.
    
    Toute cette agitation prit fin lorsque Henri Vervey, le second, entra dans la cabine et ordonna de calmer les esprits et de se reposer pour le lendemain.
    
    Le jour pointait doucement le bout de son nez. Le capitaine, abasourdi, avait essayé durant la nuit de démêler les tenants et aboutissants du meurtre commis ...
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