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Les disparus de l'Alcyon
Datte: 10/02/2024, Catégories: froid, cinéma, bateau, nonéro, historique, policier, historiqu, aventure, Auteur: Melle Mélina, Source: Revebebe
... apparente, puis gravit en trois secondes l’échelle de coupée posée sur le flanc du bordé. Minos en fut assez impressionné : — De la force, avec en plus de l’agilité… C’est un très bon point pour nous, s’enquit-il auprès d’Henri. — J’espère que tous les autres seront bâtis comme cet hercule, lui répondit-il. Bientôt, deux autres matelots montaient à bord de l’Alcyon : Bruno Baert, dit BB, saleur de son état, suivi par Albert Dranke, le tonnelier, sûrement d’origine allemande. Le quatrième était suivi d’un gros chien, un terre-neuve, Julien Verhoeve abandonnait plus volontiers sa femme et ses six enfants que son gros chien Pacha. Plusieurs autres matelots, accompagnés de leur famille, convergeaient vers la goélette après les adieux de circonstance qui se voulaient n’être que des « à bientôt », c’était toutefois ce que tout le monde espérait. Ainsi embarquèrent James Maeters, François Becuwe et Alban Vancauwenberg. Puis, un homme robuste accompagné d’un adolescent de quatorze ans (peut-être moins, sûrement moins) arriva, Raymond Vandenmoere et son fils Antoine, le mousse : malingre, des taches de rousseur peignant le visage et une chevelure rousse, éclatante, enfant chétif qui se cachait derrière les jambes musclées de son père, un homme trapu et ridé par des années de labeur. Le dernier à prendre place sur le pont de l’Alcyon était Gérard Vanhille, un homme qui avait déjà connu plusieurs campagnes de pêche à la morue. Cette année, malgré l’avènement ...
... des chalutiers de plus en plus nombreux sur les côtes du littoral dunkerquois, dix goélettes restaient en partance pour les mers gelées, mais en ce matin une seule prenait le départ : l’Alcyon. Il faut dire que l’armateur Lucien Vanhove avait précipité l’appareillage d’un peu plus d’une quinzaine de jours. Ce n’était pas encore le bon moment pour profiter de la migration des bancs de cabillaud, partir plus tôt était un pari risqué, les tempêtes à la mi-février étaient plus nombreuses et plus violentes que si le départ avait été acté en temps et en heure, à savoir début mars. Les marins étaient payés au Last, comme en Hollande (un Last équivalait à 12 tonneaux de 134 kg de morues, lors de ce qu’on appelait « La piqûre »), il était donc indispensable de ne pas rater les bancs migratoires de poissons qui se dirigeaient toujours plus haut vers le nord et le cercle polaire. Minos espérait croiser un de ces bancs au large des îles Féroé et des îles Shetland, ne voulant sûrement pas voguer plus qu’il ne le fallait dans le Grand Nord. Les amarres larguées, la goélette tractée par le bateau-pilote dans la rade, jusqu’à l’écluse dont les portes allaient s’ouvrir, mit le cap sur l’immensité glaciale. Minos manœuvrait avec maestria la goélette, un bâtiment léger, rapide, jaugeant à près de 80 tonneaux, facile à gréer, peu de voiles, peu de haubans, pas de mécanique complexe à manipuler. Les gabiers ont amarré les deux plus grandes voiles au pied des mâts, celui de misaine ...