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Les disparus de l'Alcyon
Datte: 10/02/2024, Catégories: froid, cinéma, bateau, nonéro, historique, policier, historiqu, aventure, Auteur: Melle Mélina, Source: Revebebe
... dru. De la neige accompagnait le rideau de pluie. Rien d’étonnant, car sur la mer qui se calmait, on pouvait apercevoir des gros blocs de glace qui s’étaient probablement détachés de la banquise. Après la tempête, cet autre danger menaçait l’embarcation. De la glace dérivante est très dangereuse pour la carène. On alla chercher les gaffes et quatre marins furent réquisitionnés pour éloigner ses blocs pendant toute la nuit. — Mon Capitaine ? héla Raymond Vandenmoere. — Oui ? Qu’est-ce qu’il y a ? — Il y a un truc bizarre… — Comment ça, bizarre ? — Regardez ce filin, mon capitaine… il y a des traces de sang ! Il y avait des traces de sang sur le plancher du plat-bord, cela inquiétait Minos qui n’en faisait rien voir. Il fit un appel et un homme n’y répondit pas : Alban Vancauwenberg. Il ordonna qu’on le cherche sur-le-champ. L’hypothèse la plus probable fut qu’il cuvait son vin ou son rhum et qu’on le retrouverait dans les réserves ivre mort. Il n’y avait pas lieu de s’alarmer, le sang avait sa propre explication. On allait explorer de fond en comble la goélette, jusqu’à ces 850 tonneaux dans la cale à poissons, en passant par le puits de chaîne. On découvrit à la poupe une large mare de sang, on eût dit qu’on avait égorgé un cochon. Une mare de sang frais. Tous étaient alors regroupés sur le pont arrière, et le capitaine fit tout ce qu’il put pour répondre aux questions des matelots. Il fut conclu que le pauvre Alban voguait entre deux eaux et servait de ...
... nourriture aux poissons. L’explication de la mare de sang, donnée par Minos, n’était pas très convaincante, et on se douta que les arguments présentés avaient surtout pour but de se convaincre lui-même. La réunion terminée, le capitaine encouragea son équipage à passer à l’huile de lin, vêtements, vareuses, tabliers, capotes imperméables pour se prémunir du froid qui s’appesantissait à présent avec rigueur. Un froid vivace, mortel, qui attaquait par les extrémités les pieds, les mains, la tête. Le capitaine hurla ses ordres : — Faites rentrer les focs ! Que la trinquette reste en état ! Bordez la grand-voile dans l’axe et mettez la misaine en rideau ! Qu’on tienne la dérive ! Vérifiez la brasse ! À vos lignes, matelots ! Antoine, le mousse, ne savait pas trop quoi faire et allait d’un bord à l’autre dans l’espoir qu’un marin s’occupe de lui et lui donne des instructions. Son père, Raymond, l’avait déjà envoyé paître, il préférait que son fils apprenne d’un autre marin que de lui-même, il se savait peu patient et encore moins lui. Henri vint voir Antoine et pointa du doigt l’horizon : — As-tu remarqué à environ quatre heures ? s’enquit-il auprès du novice. Regarde tous ces oiseaux, des goélands, des mouettes et cette troupe-là, regarde bien leur manège… Ce sont des Plongeons. Il doit y avoir des bancs de cabillauds et surtout des milliers de harengs. C’est vers eux que nous nous dirigeons ! Le temps de pêcher était venu ! L’effervescence régnait sur le ...