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Les disparus de l'Alcyon
Datte: 10/02/2024, Catégories: froid, cinéma, bateau, nonéro, historique, policier, historiqu, aventure, Auteur: Melle Mélina, Source: Revebebe
... mois de navigation, et un poêle à charbon pour se réchauffer. Pour ce qui était du lieu d’aisance, un seau attaché à un orin telle une bouée servait de toilette. Enfin, une belle et forte brise se leva. Les voiles, bien que ferlées, se mirent à frémir. Le hunier, laissé en place, se bomba en un instant. Pour assurer la marche, on déploya la grand-voile et la grand-flèche. Les deux mâts plièrent et grincèrent. Tous à leur place, connaissant tous parfaitement leur rôle, les marins s’affairèrent avant même que Minos n’eût à hurler « Tous à vos postes ! » Le tonnelier Albert Dranke s’occupait comme homme de barre de la roue du gouvernail tandis que Gérard Vanhille, dit « L’Ours », aidé d’Enn Padichâh, l’Indien, de la grand-voile, et le « Curé », François Becuwe et Julien Verhoeve, de la misaine et du hunier. La mer s’agitait plus fortement à présent et l’Alcyon subit un mouvement de tangage important qui questionna le capitaine. Aussi, il se précipita sur le bastingage et contempla l’horizon. Le ciel était gris et lourd et se confondait avec la grande étendue d’eau, un grain allait s’abattre sur la goélette. — Timoniers, gabiers, au rapport ! Amenez les focs ! Clinfoc, grand foc, petit foc ! Minos eut une pensée pour le mousse et lui demanda de prendre le chien et d’aller se mettre à l’abri dans la cabine tandis que l’obscurité se faisait de plus en plus prégnante. L’Alcyon fut vite plongé dans les ténèbres et secoué par les flots de plus en plus puissants. ...
... D’agressives vagues venaient vomir contre les flancs de la goélette. Le tonnerre grondait et les souffles éoliens se transformaient en tournoiements tourbillonnants. Des creux de plusieurs mètres se formaient. La goélette semblait aspirée vers le fond puis surélevée sitôt après ! Inlassablement, le navire mourait dans un gouffre puis renaissait sur un sommet. Minos, en bon capitaine, hurlait ses ordres afin que l’eau ne s’engouffre pas partout : — Fermez les panneaux ! Libérez les dalots ! Adaptez la voilure ! Aux ris ! La consigne était de serrer les manœuvres, de dégager le pont, de fermer les écoutilles, de bloquer les issues pour que rien ne verse par-dessus bord ! Dans la cabine, les marins-pêcheurs inutiles, ou bien de trop sur le pont, tentaient de stabiliser tous les objets, les sacs, les meubles, les bouteilles et la vaisselle. Il pleuvait dru et des éclats lumineux déchiraient le ciel noir. Les jottereaux, ces pièces de métal fixées à la tête des mâts, attiraient la foudre. Angoissé par cette éventualité, Minos faisait son possible pour qu’il n’en transparaisse rien, il se devait de montrer l’exemple, mais Henri connaissait bien son capitaine pour avoir vogué près d’une dizaine de fois avec lui. — Je pense que l’orage s’éloigne, il prend une autre direction que la nôtre ! — Je l’espère, Henri, je l’espère… Cela faisait près de trois heures que les marins se battaient contre les éléments, et bientôt la pluie se fit plus lourde, mais tombait moins ...