1. Sur le fil


    Datte: 28/01/2024, Catégories: ff, lesbos, Auteur: Leandre R, Source: Revebebe

    ... céder au désir qui sourdait dans mon ventre avec violence. Je rabattis sa robe.
    
    — Ça suffit. Rentre chez toi. Demain, 8 h, et ne sois pas en retard.
    
    Je me détournai pour éviter son regard, feignant de fouiller dans quelques réalisations pendues le long du mur. Elle prit son temps pour retrouver une certaine contenance, me sembla-t-il.
    
    — À demain… merci, dit-elle.
    
    Je l’entendis récupérer son sac, traverser l’atelier vers la mercerie et la clochette de la porte retentit. Je me retins à une étagère, soudain sans jambes.
    
    *******
    
    Plusieurs jours s’écoulèrent sans que rien n’évolue vraiment. Eris se montrait un peu plus respectueuse mais quelque chose couvait derrière ses sourires de façade.
    
    — Et au fait, ton apprentie ?
    
    Mon époux aimait revenir sur le sujet depuis le premier jour où je lui avais évoqué la chose. Il devait fantasmer à tout va ; je suis certaine qu’il aurait aimé me voir aux prises avec elle, et quant à participer, ne nous posons même pas la question.
    
    — J’ai fait comme tu m’as dit. Je l’ai remise à sa place.
    — Bien ! Comment ça ?
    — Je… nous avons parlé. Je lui ai fait comprendre qu’elle devait changer.
    
    Il approuva en silence mais leva un sourcil égrillard. Je mis fin à la conversation d’un regard polaire.
    
    Le lendemain de ce bref échange auquel j’aurais voulu croire moi-même, Eris vint pour une fois en pantalon de lin clair, très près du corps et une chemise d’un rouge soutenu qui s’ouvrait assez bas sur sa poitrine. C’était encore ...
    ... élégant et d’allure assez mature. J’avais pris l’option opposée, m’autorisant un haut court qui laissait apparaître une bande de chair au-dessus de ma jupe en cuir, comme si j’avais quinze ans de moins. J’avais relevé mes cheveux en un chignon ébouriffé qui tenait avec un simple stylo. Eris n’en perdit pas une miette, profitant de ce que je renseignai une cliente pour nous observer longuement.
    
    Mon échange avec cette habituée de longue date s’éternisait ; Eris retourna dans l’atelier travailler sur son projet de robe Premier Empire. Quand je la rejoignis une dizaine de minutes plus tard, je compris qu’elle était dans la réserve, probablement cherchait-elle un accessoire ou du tissu ? Je me remis à ma machine à coudre et son ronronnement soutenu monta dans la pièce.
    
    Concentrée, je m’avisai que son absence commençait à se faire longue et allais jeter un œil. Je poussai la porte.
    
    — Tu as besoin d’aide ?
    
    Je la vis dos au mur, juste sur ma gauche en entrant. Je ne compris pas tout de suite ce qu’elle faisait et je ne sais pas si elle m’avait entendue. Son pantalon était baissé et elle avait une main passée devant elle qui tournait contre son sexe. Elle soupirait en silence, son autre main passée sous sa chemise. Elle eut un sursaut et se figea en me fixant. Ses yeux étaient bleu nuit dans la pénombre. Les miens devaient jaillir hors de leur globe. Je la payais, je lui donnais mon temps, mon soutien, et elle…
    
    Hors de moi, j’attrapai la main entre ses cuisses, ramenai ...
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