1. L'usine à foutre


    Datte: 31/10/2023, Catégories: En solitaire, Auteur: lepetitprincesalace, Source: Hds

    ... l'alambic. J'y trouvai le responsable en train de tirer sur son porte-cigarette. J'étais toujours à poil. Ma queue était trop enflée pour pouvoir me rhabiller.
    
    - JE... DÉMISSIONNE ! hurlai-je, pâle et tout faiblard.
    
    - Déjà ? Bah alors, on n'assume pas sa perversité ?
    
    - Votre élevage intensif de bites, c'est du travail de psychopathe ! C'est légal au moins ?! Et qu'est-ce que vous en faites de tout ce sperme ?!
    
    - On remplit des godes avec.
    
    - Des godes ?
    
    - Tu t'es branlé à en perdre l'ouïe ? Des godes, oui.
    
    - Ça vous suffit pas de remplacer les humains par des machines ? Faut aussi que vous remplaciez les queues par des bouts de silicone juteurs ?
    
    - Qu'est-c'que tu veux, ça se vend. Et ça m'étonne pas que les femmes se tournent vers ça. Regarde cet endroit. Ça déborde du foutre de chiens de la casse précoces. C'est bien la preuve que les femmes se lassent des types dans ton genre.
    
    - Mais dis-moi tête de bite, c'est ta femme qui t'a dit ça pendant que tu te mouches dans sa chatte ? Ah mais non, suis-je bête. Tu préfères creuser des puits de merde à la recherche de pétrole puant dans le cul de ceux à qui tu promets un emploi ici.
    
    - ...
    ... SÉCURITÉ ! DÉBARRASSEZ-MOI DE CE BRANLEUR !
    
    - MANGE MERDE QUE T'ES !
    
    J'étais trop épuisé pour m'enfuir. Mais je décidai de quand même tenter le coup dans un dernier effort. Je gagnai difficilement quelques mètres après avoir dégainé un comebacker (1) du bout de ma queue, grosse comme une batte de baseball. CHFLOK ! direct dans la mâchoire d'un des gorilles de la sécurité ! Il ne vacilla pas d'un centimètre. J'abandonnai et me laissai alors attraper. Il me souleva et alla me jeter avec les poubelles derrière l'usine comme un vulgaire encombrant.
    
    Je gisais maintenant dans un nuage de poussière sur un terrain vague. Je remarquai alors une ombre derrière l'épaisse fumée de crasse qui était en train de m'étouffer. Puis je le vis très nettement. Il devait être ici depuis la veille, voire plus à en juger par son état. Il n'avait plus de couilles. Ils les lui avaient prises. C'était tout juste s'il avait encore sa queue. Elle était toute fripée et pas plus grosse que mon pouce. On était tous remplaçables. Et je me demandais à quoi pouvait bien ressembler un repas spécial régime branlette.
    
    (1) Au baseball, désigne une balle frappée en flèche directement sur le lanceur. 
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