-
L'usine à foutre
Datte: 31/10/2023, Catégories: En solitaire, Auteur: lepetitprincesalace, Source: Hds
... voulez taper la discute ? - Je passe. - Tant mieux, j'ai pas que ça à foutre. Allez, du balai et fermez la porte en sortant. Je sortis en prenant soin de laisser la porte grande ouverte derrière moi. Voilà le genre d'entretien qui me plaisait. C'était rapide, sans fioritures et on n'avait pas besoin de s'inventer une vie pour faire bonne figure. Pas étonnant que l'industrie parte en couilles avec ce genre de processus de recrutement. Ils prenaient vraiment n'importe qui, et j'en étais la preuve vivante. Le lundi d'après, j'étais à l'usine sur les coups de huit heures tapantes. Je mettais un point d'honneur à être ponctuel, mais mon assiduité s'arrêtait là. C’était un gigantesque hangar aux airs de base secrète perdu au milieu de nulle part. On était plusieurs à attendre près d'un grillage qu'on vienne nous chercher. Tous étions différents, mais une chose commune nous liait : nos avant-bras surdéveloppés. On ressemblait à un beau filet de pêche grouillant de la même espèce de poissons branleurs pas frais. Un des types de l'usine arriva finalement et nous entrâmes. La première chose qui me frappa fut l'odeur de sperme. Ça empestait à en vomir ses tripes. C'était ÉPOUVANTABLE. L'intérieur du hangar n'était qu'une immense salle, dont les murs étaient maculés de peinture blanche et sur l'un desquels on pouvait lire le mantra de la boîte : « De mon huile de coude découlera mon huile de couilles. » Un gigantesque alambic de cuivre en forme de bulle et aux ...
... proportions démesurées s'élevait en son centre, duquel sortait un nombre incalculable de gros tuyaux transparents et qui reliaient tout un tas de cabines perchées un peu partout. Ça ressemblait à une énorme pieuvre de métal. Le responsable pointa alors le bout de son long nez. Je n'avais jamais rien vu de tel. Aussi long et gros qu'une bite de pygmée. Sa femme devait être aux anges, pensai-je. Mais j'appris plus tard que l'homme de qui je recevais les ordres préférait faire l'autruche dans le cul de ses amants. J'espérais pour lui qu'il fut champion d'apnée. Il était vraiment petit et très propre sur lui. Vêtu d'un trois pièces, il s'était peint les ongles aux couleurs de l'arc-en-ciel et portait des lunettes fuchsia en forme de losange. Sa peau était ÉCARLATE, et s'il se distinguait par sa dégaine de crevette métro-sexuelle, sa longue blouse blanche qui traînait dans son dos comme une robe de mariée ne passait pas inaperçue. Sa voix cassée, elle, venait d'une malformation de naissance, et il eut du mal à s'en servir pour s'introduire à nous. - Je... Il toussa et se racla la gorge avant de recommencer : - Je suis votre supérieur et vais vous la faire courte. Ici, vous servez les intérêts de la Société, chose dont vous pouvez être fier ! J'attends donc de vous la plus grande rigueur et conscience professionnelle ! Vous serez chacun affecté à une cabine personnelle et aurez pour unique devoir de remplir la cuve qui se situe juste derrière moi de votre sperme. Vous ...