1. Faits pour composer, non pour s'entendre


    Datte: 07/02/2018, Catégories: nonéro, articles, Auteur: Fred le Troll

    Conquérir l’égalité et la parité est une chose, singer la virilité, y compris dans ses caractères les plus singuliers, en est une autre. Il est manifeste qu’au cours des dernières années les femmes ont changé de discours sur le sexe, leur production littéraire en témoigne. Pas sur le sexe épiphénomène d’une relation amoureuse mais bien sur le sexe en soi, dont elles entérineraient désormais la légitimité en tant qu’activité autonome. À ce qu’on raconte, il semblerait que le beau monde regorge à présent de butineuses ne songeant qu’à « s’éclater » en copulant brièvement ici ou là, quand ce n’est pas en chassant le « coup d’une nuit », si honni par l’ensemble des femmes il y a encore peu.
    
    Rejet logique : j’eus garde de ne jamais oublier la remarque d’une fille qui me faisait fort justement observer que « le coup d’une nuit » était de toute façon un échec, car ou bien l’expérience avait été malheureuse, ou bien au contraire il était ridicule de ne pas la renouveler. Je n’oublie pas non plus la réponse donnée par certaine femme à une question indiscrète concernant le nombre de ses partenaires : « beaucoup trop ! ». Comme si l’accumulation des rencontres était une éventualité, mais ne constituait ni une fin en soi, ni un parcours triomphal, le schéma expérimental n’étant pas le fort de ces dames.
    
    J’ai certes rencontré des femmes plus audacieuses et accessibles que d’autres, mais jamais aucune qui ouvre intentionnellement son intimité à d’expéditifs empressements de ...
    ... hasard.
    
    Cela signifie-t-il pour autant que celles qui en ont l’occasion s’y refusent toujours ? Certes pas, surtout en des temps où la transgression prend des allures d’instrument idéologique, assumant du même coup une fonction identitaire. Elles ont le choix des moyens. La chasse devant soi par exemple. Ce n’est le plus souvent qu’une position de vie transitoire, celle d’une femme en rupture de ban, pour ne pas dire douloureusement abandonnée. Quant au collectif, on se souvient de ce que disait, en substance, Brigitte Lahaye : « À Paris, les femmes qui s’organiseraient une partouze pour leur plaisir se comptent sur les doigts d’une main. » Autant dire qu’elle excluait la chose… En revanche il semble qu’elle ait énormément apprécié certaines « séances privées », arrangées en compagnie de quelques messieurs choisis et gantés de blanc.
    
    En cette matière tout est donc envisageable quand même les motivations resteraient fort troubles, y compris une plaisante prostitution de très haut vol, ludique et parfois délirante. Mais la permissivité que s’octroient quelques-unes ne doit pas servir à étiqueter l’ensemble, aussi vrai que les arbres ne doivent pas cacher la forêt. Toutes exceptions mises à part, les femmes ne se dévergonderaient-elles qu’à leur corps défendant ? C’est bien possible, mais j’en resterai, pour être sûr de ne pas trop divaguer, à ma propre expérience.
    
    Le désir des femmes n’est pas celui des hommes. Ne l’ayant jamais éprouvé, je me garderai bien de décrire sa nature ...
«1234...10»