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Les larmes de Juliette
Datte: 20/07/2023, Catégories: Erotique, Auteur: Jane Does, Source: Xstory
... ressurgis du fond du mien avec un chagrin monstrueux. Je ne fais pas la différence entre réalité et cauchemar. François me manque tant que j’en oublie la présence de son père à mes côtés. C’est donc ainsi que lors d’un de mes fréquents éveils, je suis entre réalité et illusion. La chaleur qui émane de ce corps couché tout proche me ramène à des souvenirs, des moments qui font qu’un couple est soudé ou non. Mes sens également sont prompts à réveiller des envies latentes chez la femme de trente-six ans que je demeure. Je suis en pleurs, mélangeant le vrai au faux. Je soliloque des mots qui n’ont de suite que pour mon cerveau atteint. Et dans ces mouvements engourdis engendrés par une somnolence empreinte de gémissements, la main de celui qui dort là vient se poser sur mon front. Il n’a pas un mot, pas un bruit. Les doigts lissent mon visage pour calmer ce chagrin qui mélange tout. Je suis entre chien et loup, incapable de réagir sainement à ce trop gros coup du sort. Je ne me dérobe pas à ce câlin et sans doute que celui qui le donne à l’impression que je l’encourage surtout. Alors, la douceur qui me fait tressaillir fait remonter aussi en moi ces envies refoulées depuis… les obsèques de mon mari. Mon esprit fiévreux assimile cette patte qui me câline un peu trop précisément à une partie de mon François qui revient. La main alors s’enhardit puisqu’elle ne découvre aucune résistance. Et elle quitte ma joue pour mon oreille. Mes larmes se perdent en une rivière qui tache ...
... la taie. Il est aisé pour cette caresseuse de finir sa course sur ma nuque et je sens que mon corps est simplement tiré vers le visage de celui qui tient la place de mon mari. Lorsque deux lèvres aux contours invisibles viennent se frotter aux miennes dans le noir de la pièce, je suis totalement absente de la scène. Une étrangère qui regarde son propre corps faire quelque chose qu’elle ne lui demande pas. Du reste, personne ne demande rien à personne. Il n’y a pas un mot, et le silence n’est perturbé que par les bruits faits par les bouches qui s’embrassent. Le feu m’embrase tout entière. Et je lâche prise, exténuée par ces jours d’horreur. J’ai besoin de ce réconfort que les mains me procurent. Tout en moi est enflammé. Bien sûr que sous le tissu léger de la nuisette que je porte, les paluches ont vite trouvé un chemin. Et c’est si bon de se sentir revenir à la vie, de ne plus végéter. Peu importe qui en est le propriétaire de ces allumeuses. Je suis bien, je rêve et mon ventre ondule, réclamant muettement par ses mouvements langoureux une approche plus sensuelle. Aucun effort, aucun questionnement sur le fait que ce soit… le père de mon François qui… et lui s’interroge-t-il une seule seconde ? Non évidemment ! Je me mure dans mon déni. Je me fiche de qui me touche. Je n’ai qu’un seul but, extérioriser toute cette tension qui me torture depuis des jours et des nuits. Mon corps se montre sous son vrai visage. Il est haletant et par voie de conséquence me distille son ...