1. Soir d'orage (1)


    Datte: 13/07/2023, Catégories: Erotique, Auteur: Jane Does, Source: Xstory

    Et voilà ! Elle est là. Violente, froide et drue alors que je cours sur le trottoir. Une pluie d’orage d’une rare intensité et même le bruit de mes talons qui frappent le bitume ne parvient plus à couvrir le boucan de cette eau qui dégringole du ciel. Ma coiffure va en prendre un coup et pas d’abri proche dans cette foutue rue déserte. En fait, la seule idiote à galoper sous la flotte s’appelle Lydia et… c’est moi. Je relève ma pochette pour tenter de couvrir ma tignasse brune, illusoire protection évidemment.
    
    Je suis déjà trempée jusqu’aux os. Mon chemisier blanc me colle à la peau et il n’est plus vraiment un filtre contre les éléments qui se déchainent. Les éclairs sont de plus en plus rapprochés et je ne vois pas le bout de cette longue montée. Enfin, j’aperçois encore à cinquante mètres ce qui me semble du coup, un asile où je vais pouvoir me réfugier. J’y fonce sans trop me poser de questions. L’abri du tram… au moins j’y serai au sec. Je fais les dizaines de pas qui m’en séparent avec le cœur battant.
    
    Je suffoque presque en parvenant enfin sous ce refuge où j’imagine me sauver du déluge. Une chance puisque la grêle vient de remplacer les énormes gouttes de pluie. Ouf ! Je me sens toute ragaillardie de pouvoir le temps que ça passe, me mettre au vert.
    
    — On est mieux ici, n’est-ce pas ?
    
    — …
    
    Je lève la tête ! Un homme est là, qui comme moi sans doute, se protège de cette submersion qui nous a surpris. À moins que lui soit là juste pour prendre le tram ? Je ...
    ... ne lui ai pas répondu et il ne s’en offusque pas plus que cela. Il me fait face et me sourit.
    
    — Vous avez pris cher ! Et maintenant c’est de la grêle. Tenez !
    
    — … ?
    
    Il me tend un paquet de mouchoirs en papier. Je tremble un peu, mais par pur réflexe, j’attrape les kleenex.
    
    — Merci !
    
    — Oh, de rien ! C’est dérisoire ! Mais j’habite là, juste de l’autre côté de la rue. Je suis descendu du tram et j’attends pour traverser que ça se calme un peu.
    
    — …
    
    Il ne cesse de me dévisager. Je me rends compte soudain que finalement, ce n’est pas forcément mon visage qu’il observe avec une minutie toute particulière. Alors que j’essuie mes tifs qui coulent sur moi, je réalise que le tissu fin de mon chemisier laisse apparaitre, en filigrane, les aréoles sombres et les tétons de mes seins que le froid fait plutôt pointer. Merde ! Il ne manquait plus que ça ! Mais je n’ai aucun moyen de masquer ma devanture au type qui se rince l’œil.
    
    — Vous avez remonté toute la rue sous la flotte ?
    
    — … oui !
    
    — Tenez ! Mettez ça sur votre dos, histoire de ne pas chopper en plus, une bonne crève.
    
    — Merci !
    
    Il vient de coller sur mon dos sa veste. Elle est bien sèche et par réflexe, je tire sur le devant les deux pans. Comme s’il n’était pas trop tard ! Il a bien compris que je ne portais rien sous le coton léger. Il ne va pas en perdre la vue, mais bon, c’est moi que ça déstabilise. À deux mètres de notre abri, la pluie vient de nouveau de remplacer les minuscules glaçons du ...
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