1. Un zob de sourcier


    Datte: 11/09/2018, Catégories: cérébral, revede, méthode, nonéro, délire, Humour Auteur: Olaf, Source: Revebebe

    ... s’intéresser à ce qui fait naturellement bander l’homme, et non ce qui l’inhibe. Pour faire court, disons qu’il faut se trouver dans des dispositions particulières pour passer du repos à la transcendance érectile. Des conditions qui ne sont ni uniformes, ni standardisées, mais au contraire très individuelles. Chaque mâle dispose en effet de bonnes et de mauvaises raisons de bander, profondément enfouies quelque part entre son subconscient et son inconscient. Des raisons que sa raison ne connaît pas.
    
    Je me souviens de ma première expérience comme si c’était hier. J’étais invité chez un couple de très bons amis. Lui, la quarantaine flamboyante, plein d’humour, bon vivant. Elle, un rien plus jeune, impeccablement mise, superbe quoi qu’un peu coincée, au mieux de sa réussite professionnelle. En apparence un couple heureux et enviable. Or sans raison évidente, alors que nous prenions l’apéritif, je vois soudain Maude se transformer sous mes yeux de manière totalement surréaliste. Pour être plus précis, de la femme classiquement habillée, assise bien droite sur le sofa du salon, je vois soudain s’extraire un clone de même taille, à peine recouvert d’un voile vaporeux, qui se dirige vers les escaliers et monte au premier étage avec un naturel désarmant, sans rien cacher de son entrejambe totalement dénudé, ni de ses seins frémissants. J’ai brièvement cru à un malaise ou à une hallucination. Il n’en était rien, la vraie Maude n’avait pas bougé et continuait d’écouter son mari, ...
    ... qui ne semblait pas avoir la même vision de sa femme que moi. Immédiatement, je me mis à bander comme un dingue, ce dont Maude s’aperçut, pour ma plus grande gêne.
    
    — Eh ! Michel, ça va, tu ne te sens pas bien ?
    — Non, non, impeccable. Faut peut-être juste que je freine sur le Sancerre…
    
    Elle revint à la charge le lendemain, en me demandant de lui avouer ce qui s’était passé. J’ai biaisé, en la priant de commencer par me dire comment cela se passait avec Antoine.
    
    — C’était donc ça… Tu t’es aperçu de quelque chose ?
    — Je ne saurais trop dire…, une impression étrange, comme une envie retenue de ta part ou un désir inavoué de la sienne.
    — Écoute, ça m’ennuie d’en parler derrière son dos, mais puisque tu me poses la question, je dirais que ce n’est plus terrible du tout. Le calme plat même, depuis plusieurs mois. J’ai tout essayé, mais plus rien ne semble le stimuler.
    
    Je compris alors rétrospectivement avoir été traversé par les pensées intimes d’Antoine. Entré en résonance avec lui par je ne sais quel mécanisme, j’avais été brièvement en prise directe sur ce dont il a besoin pour bander, et donc désirer Maude, ce qui m’avait immédiatement mis en transe. J’avais été comme une antenne, ou comme un sourcier dont le sexe ferait office de baguette détectant les conditions nécessaires de bandaison chez mon ami.
    
    — Je voulais aussi te dire… euh, ta réaction, elle m’a touchée, ça fait si longtemps que je n’ai plus fait un tel effet à un mec. Mais d’un autre côté, je ne ...
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