1. Chroniques pénitentiaires d'une rebelle 4


    Datte: 22/06/2023, Catégories: Entre-nous, Les femmes, Auteur: Sappho, Source: Hds

    ... arrivée, qu’on se caresse l’une en face de l’autre à défaut d’autre chose. Tant pis, je suis bonne pour une petite masturbation hygiénique après l’extinction des lumières.
    
    – Qu’est-ce qu’il y a entre Laval et toi ?
    
    Christelle débarque dans la salle de bain après un long silence, elle commence à se brosser les dents sans un regard sur moi.
    
    – Pourquoi voudrais-tu qu’il y ait quelque chose.
    
    L’intuition, c’est tout. Cat n’a pas su me répondre cet après-midi ; pourtant, elle aussi a remarqué l’animosité particulière, comment ne pas la sentir. D’ailleurs, la braqueuse a clairement fait savoir à son équipe qu’elle me draguait pour faire chier ma codétenue, ce qui a profondément emmerdé Gaëlle.
    
    – T’as pas confiance en moi ?
    
    Christelle s’invite sous la douche avec une idée précise en tête, elle me savonne le dos puis le haut de mes fesses.
    
    – Si, bien sûr.
    
    C’est sympa mais un peu tard, la curiosité a relégué le désir en arrière plan. Je me retourne afin d’exprimer ma détermination.
    
    – Allez ! Dis-moi.
    
    Les mains à hauteur de mon intimité, Christelle grimace, ça ne sert à rien d’insister dans cette voie pour l’instant. Eh oui, je suis une femme, donc entêtée. De toute façon, elle m’aurait donné du plaisir uniquement pour éluder la question.
    
    – Je connais le convoyeur sur lequel elle a tiré, il est dans un fauteuil roulant.
    
    Oh merde ! J’ai encore perdu une occasion de fermer ma grande gueule. C’est quoi cette manie de vouloir tout savoir, tout ...
    ... justifier.
    
    – Je suis désolée.
    
    – Laisse tomber, c’est le passé.
    
    La franchise ne sert à rien, la pauvre ressemble à un clown triste, un Auguste en train de se noyer dans la boue d’une gaité trop malsaine pour être partagée. Un semblant de sourire sur ses lèvres pincées reflète l’innocence de l’enfant, mais son regard trahit la douleur, l’incommensurable douleur des grands.
    
    Extinction de la lumière, la pénombre envahie la cellule, les projecteurs sur le mur d’enceinte empêche la nuit noire, le sommeil me fuit. Christelle, tournée vers moi, ne se pose aucune question, le léger ronflement trahit son évasion momentanée. Et moi alors, comment vais-je pouvoir m’échapper ? Le drap a glissé, dévoilant un sein, le manque de luminosité m’empêche d’en profiter. Dommage. Le souvenir des nanas dans la coursive se substitue à l’image trop imparfaite.
    
    Est-ce qu’une femme peut apprécier de prendre le sein d’une autre dans sa bouche ? Faire bander un téton entre ses lèvres ? Quelles caresses se permettent les lesbiennes ? Superficielles sur le clitoris, ou plus profondes aussi ? Le désir refait surface, mes mains balbutient les premiers attouchements. Ô Christelle, le souvenir de ta langue m’obsède, j’ai envie de plonger la mienne dans ton antre, de te goûter, de te lécher jusqu’à te faire devenir folle.
    
    J’essaie d’attraper un téton avec mes lèvres, mes seins sont trop petits. Un doigt puis deux en moi, je caresse ma vulve doucement, partout, c’est bon. Un troisième trouve l’entrée de ...
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