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La sirène de l'Antarctique
Datte: 19/06/2023, Catégories: bateau, cérébral, revede, caresses, confession, aventure, merveilleu, fantastiq, Auteur: L'artiste, Source: Revebebe
... perspicaces. Je suis là pour ton salut… n’as-tu jamais entendu parler des sirènes ? — Une sirène ? La légende décrit plutôt ces dernières comme des tentatrices déviant les navigateurs avec leurs chants mélodieux dans le but de les échouer sur les récifs… serais-je tombé dans un piège ? — Les croyances sont souvent erronées ou déformées… l’unique raison de ma présence est de te venir en aide ! Il est maintenant grand temps que je te quitte. — Non, pas déjà ! Je ne veux pas, je ne veux plus… — Réveille-toi, Marc ! — Pourquoi ? Abby se redresse et, à califourchon sur mon bassin, entreprend de me ceinturer le cou des deux mains. Son visage si doux au demeurant devient plus sévère et, les yeux injectés de sang, elle serre plus franchement ses doigts contre ma trachée en hurlant d’une voix rauque et profonde : — Réveille-toi… MAINTENANT ! Les magnifiques jambes de mon ange se changent alors comme par magie en une queue de poisson, argentée et scintillante. Abby me regarde une dernière fois avant de repartir, puis retourne à la mer. D’un sursaut d’effroi, je reprends connaissance. Abby a disparu et la tempête est revenue. Les bips intermittents provenant des alarmes emplissent l’habitacle ; les instruments de navigation s’affolent et clignotent tels des juke-box ; les voiles claquent contre le mât en faseillant ; le chaos règne à nouveau. Tout a valdingué : les cartes marines éparpillées jonchent le sol tandis que mon bateau, lui, roule, malmené par la ...
... houle. Une douleur aiguë à la tête me donne la nausée, je me lève pourtant et jette un coup d’œil à l’extérieur… Un énorme iceberg pointe à peine à un demi-mile de mon étrave. Le grand retour Plus que quelques heures me séparent des Sables-d’Olonne. À défaut d’inscrire mon nom au palmarès du Vendée Globe, il me restera malgré tout la satisfaction d’égaler l’exploit de Philéas Fogg lors de son périple. En effet, cela fera 80 jours que je serais parti. Le retour depuis le cap Horn, sous gréements de fortunes, s’est parcouru plus lentement que prévu. Mes voiles ayant souffert dans les cinquantièmes hurlants lors de mon accident ne m’étaient plus d’un grand secours pour enchaîner les performances. J’arriverai donc demain, épuisé, mais en un seul morceau. Enfin, indemne, il faut le dire vite…, une partie de moi restera malgré tout inexorablement dans l’océan austral. L’expérience extraordinaire vécue dans ces eaux glacées ne pourra que laisser des traces indélébiles. Quelques heures dans le brouillard, au sens propre comme au figuré, et je me réveillai juste à temps pour échapper au pire. Heurter cet iceberg m’aurait à coup sûr envoyé vers le fond, Abby m’avait sauvé du naufrage. Je sais bien que cette dernière n’était certainement due qu’aux fruits de mon imagination, pourtant… Les moments passés en sa compagnie m’avaient semblé si réels que depuis, je ne cesse d’être troublé et de douter… ai-je vraiment rencontré une sirène ? –––oooOooo––– Cela fait deux mois que je ...