1. La sirène de l'Antarctique


    Datte: 19/06/2023, Catégories: bateau, cérébral, revede, caresses, confession, aventure, merveilleu, fantastiq, Auteur: L'artiste, Source: Revebebe

    ... être mort, et pourtant, mon corps semble irradié de chaleur alors qu’une main, légère et protectrice, me caresse gentiment le visage. Étrangement, je n’éprouve aucune douleur et me sens bien, juste bien…
    
    — Bonjour, Marc ! J’ai bien cru que tu ne reprendrais jamais connaissance.
    
    Entrebâillant dans un premier temps à peine les paupières, je ne distingue qu’une ombre…, le mot est mal choisi, cette vision d’une clarté intense ressemblerait en fait plutôt à celle d’un ange.
    
    Une fois les yeux complètement ouverts, c’est un visage d’une infinie douceur qui m’apparaît, et ce dernier me renvoie un magnifique sourire d’une sincérité désarmante. Une divine créature, penchée sur moi, les pupilles d’un vert éclatant brillant de mille feux, m’observe sereinement sans que rien ne semble la perturber.
    
    — Mais… qui êtes-vous ? Où suis-je ?
    — Est-ce bien important ? me répond-elle, l’air désabusé.
    
    Un rapide coup d’œil périphérique me suffit pour constater que je me trouve bien à bord de mon bateau, mais bizarrement, rien ne bouge, le calme est revenu.
    
    — Comment êtes-vous arrivée là ? lui demandé-je, complètement déboussolé.
    — J’ai juste croisé ton chemin. Tu avais besoin d’aide, alors me voilà !
    
    Tout paraît surréaliste, une sensation de plénitude m’envahit pourtant, me permettant d’occulter toutes incohérences concernant cette apparition stupéfiante.
    
    — Vous…, comment…, comment vous appelez-vous ? bafouillé-je timidement.
    — Moi, c’est Abby ! Tu as une chance inouïe ...
    ... que je sois passée par là au bon moment… Juste à temps, semblerait-il !
    — Aidez-moi, s’il vous plaît ? Il faut absolument que j’évalue la situation et l’état de mon bateau…
    
    Abby s’empare donc de mon bras pour le placer sur ses épaules afin de me soutenir, et péniblement, je me relève. La promiscuité de nos deux corps me trouble. Bien que les conditions de son arrivée demeurent un mystère, sa présence à mon bord me semblerait maintenant presque naturelle… je me sens si bien tout contre elle !
    
    Bizarrement, les instruments électroniques sont éteints. Regardant par le hublot, je ne distingue pas grand-chose : une épaisse brume encercle mon IMOCA qui vogue sur une mer d’huile ; les voiles quant à elles donnent l’impression d’être suspendues en apesanteur, comme figées par l’absence de la moindre risée. Ce calme plat au beau milieu des quarantièmes rugissants crée tout simplement une ambiance surréaliste !
    
    Une fois sur le pont, l’air chaud et humide me surprend d’abord. La banquise ne se trouve qu’à quelques miles, le climat devrait être polaire, à défaut, j’entreprends de retirer ma veste de ciré. Arrivant dans mon dos, Abby se saisit de l’encolure de ce dernier pour me prêter assistance tout en me déposant un baiser dans le creux de l’épaule.
    
    Ce contact enivrant me procure des frissons me parcourant l’échine de la pointe des oreilles aux orteils… prenant une grande inspiration, je m’imprègne de cette attention tout aussi agréable qu’inattendue.
    
    Me retournant, mon ...
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