1. Bouleversante rencontre


    Datte: 16/06/2023, Catégories: fh, hplusag, couleurs, inconnu, campagne, amour, cérébral, revede, caresses, pénétratio, mélo, aventure, Auteur: Onyx31, Source: Revebebe

    ... noyé le temps d’une idylle. Mais là, cette gamine, avec son petit air mutin, a un regard d’adulte, dur et pénétrant.
    
    Voyant que je l’observe, elle part se cacher derrière sa mère tout en m’épiant du coin de l’œil. Je m’attarde alors sur la jeune femme qui me fait face. Je reste perplexe, l’atmosphère se chargeant soudainement d’une tension palpable. Un trouble pesant s’installe, je suis décontenancé. Elle semble avoir mon âge, environ vingt-cinq ans, mais entourée de ses trois enfants, elle dégage une maturité en totale contradiction avec le jeunot que je suis, insouciant, recherchant inlassablement un sens à son existence. Face à cette femme accomplie et à l’aura qu’elle rayonne, je me sens comme un crétin errant dans la futilité d’une vie désespérément vide.
    
    Chaussée de bottes en caoutchouc, elle porte un pantalon de grosse toile informe, un pull bariolé recouvert d’une blouse chamarrée sans manche et serrée à la taille par une cordelette. Une sorte de foulard de fine laine noire aux motifs rouges et verts lui ceint les cheveux, ne laissant dépasser qu’une longue tresse flottant sur sa poitrine. Sans maquillage, dissimulée dans des vêtements mal ajustés, elle apparaît là, nature, réelle, à l’opposé des beautés fatales photoshopées et hyper sexualisées que l’on nous vend sur papier glacé à longueur de journée. Et pourtant, rarement une représentante du beau sexe ne me sera apparue si femme. Allez savoir pourquoi.
    
    Mais mon sixième sens m’alerte, quelque chose ...
    ... cloche. Je ne sais pas quoi, mais je le ressens : c’est ce pressentiment qui sourd en moi à chaque péril imminent. Ses deux garçons n’arrêtent pas de lui parler, mais elle est silencieuse, immobile, comme pétrifiée. Seuls ses yeux semblent vivants et hyperactifs, passant de ses enfants à ma moto et à moi dans une sorte de tourbillon infernal. Se sent-elle en danger cherchant à défendre ses petits comme n’importe quelle mère le ferait ? Je ne comprends pas ce qui se trame, mais je me sens vraiment mal. C’est insupportable, je romps alors le silence en faisant signe que je pars tout en la remerciant. Et là, en une fraction de seconde tout bascule. Elle s’anime enfin, parlant d’une voix décidée tel un général dirigeant ses troupes. Les marmots se mettent en branle sur-le-champ. La fille décampe à l’intérieur. Le plus jeune court prendre un seau qu’il va remplir à la pompe. Le plus grand, quant à lui, file vers ma moto. Et elle, face à moi, m’offre un merveilleux sourire en me faisant signe de rester.
    
    Toujours sur le qui-vive, je ne sais quoi faire. Le plus âgé commence à détacher mes bagages. Il me faut me décider, maintenant.
    
    Je reste. Je verrais bien. Non, c’est tout vu ; je ne me sens pas la force de lui résister.
    
    Je vais rejoindre l’aîné, désangle mes sacoches et les lui confie. Il s’empresse alors de les rentrer.
    
    Le petit arrive déposant un seau d’eau au milieu de la cour, sa sœur rappliquant dare-dare avec à la main, un savon noir et un tissu tenant lieu certainement ...
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